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Au lieu d’un Patriot Act, l’Europe veut un équilibre entre "droit et sécurité"

Viviane Reding, ex-commissaire européenne chargée de la société de l'information et des médias : " Il faut combattre les terroristes et les criminels sans enlever les libertés et les droits des citoyens lambda"

Viviane Reding, ex-commissaire européenne chargée de la société de l'information et des médias : " Il faut combattre les terroristes et les criminels sans enlever les libertés et les droits des citoyens lambda" - John Thys -AFP

Le débat sur un Patriot Act français irrite Viviane Reding, commissaire européenne pour la société de l'information et des médias. Elle n’en veut pas! Pour elle, l’Europe a des outils qu’il faudrait déjà utiliser.

Bernard Cazeneuve n’a désormais plus que 6 jours pour dévoiler son plan de sécurité Internet au premier ministre. Avant même qu’il ne rende sa copie, Viviane Reding, ex-commissaire européenne chargée de la société de l'information et des médias, lui lance un message.

Sur Public Sénat, la commissaire européenne le met en garde avant qu’il ne s’engage sur des voies hasardeuses. "Il faut combattre les terroristes et les criminels sans enlever les libertés et les droits des citoyens lambda".

Pour cela, Viviane Reding pense qu’un Patriot Act n’est pas une voie pour l’Europe. "On veut faire les choses à l’européenne" en cherchant "un équilibre entre les droits et la sécurité". Et cela ne se décide pas "uniquement au plan national".

"Ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain"

Il faut, selon elle, non pas une nouvelle agence de surveillance, mais des réseaux très forts entre les états de l’Union. "Tous les outils existent. Nous avons Europol et le fichier Schengen. Tout ça doit être renforcé pour être mieux utilisé. Mais, il n’y a pas besoin d’une nouvelle instance."

Bernard Cazeneuve écoutera-t-il ces conseils ? Pour le moment, le ministre garde un silence absolu sur ses projets. Il a seulement dévoilé mercredi 15 janvier qu’il allait "prochainement" se rendre aux Etats-Unis. Il veut "rencontrer ses homologues et rencontrer aussi ces grands opérateurs d'Internet, afin de les sensibiliser" à la surveillance antiterroriste. Ne le sont-ils pas déjà ?

Pascal Samama