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Apple Music va-t-il devenir le roi la musique en ligne? 

Apple Music a recruté des célébrités, comme le DJ néo-zélandais Zane Lowe, débauché de BBC Radio 1 pour le studio Californien. Ebro Darden animera celui de New York et Julie Adenuga celui de Londres.

Apple Music a recruté des célébrités, comme le DJ néo-zélandais Zane Lowe, débauché de BBC Radio 1 pour le studio Californien. Ebro Darden animera celui de New York et Julie Adenuga celui de Londres. - Justin Sullivan - AFP

Apple débarque ce mardi dans le marché de la musique en streaming. Pour rencontrer le succès, le service  s’appuie sur la web radio Beats 1 qui pourrait devenir une alternative au modèle gratuit de Spotify, Deezer ou Google Play.

Apple va-t-elle créer une révolution musicale comme elle l’a déjà fait avec iTunes au début des années 2000 ? La marque en a la ferme intention avec Apple Music, son service de streaming qui est lancé ce mardi 30 juin. Mais cette fois les choses sont moins faciles. A l’époque, iTunes est arrivé sur un terrain vierge. Et face au piratage, les ayants-droit ont salué l’arrivée d’un service numérique légal et efficace. Dans le streaming, les choses sont très différentes. 

Ce marché a été créé par d’autres qui ont élaboré un modèle qu’il faut soit suivre, soit bousculer pour établir de nouvelles règles afin de remettre tous les services sur la même ligne de départ. C’est entre ces deux voies qu’Apple tente d’avancer. 

Sur le modèle économique, le groupe américain n’a pas fait dans l’originalité. S'il ne propose pas de version gratuite comme ses rivaux Deezer et Spotify (hormis durant les trois premiers mois de période d'essai), il s’est en revanche aligné sur le prix désormais standard des 9,99 $/€ par mois qui touche aussi bien la musique (Spotify, Deezer, Google Play…) que la vidéo (Netflix…). Par contre, il y a apporté une nuance avec l’abonnement familial à 14,99 $/€ pour un foyer de six personnes.

L'écoute gratuite ? Oui, mais sur la radio

Mais l’arme fatale d’Apple ne repose pas sur le modèle payant. Loin de là. Pour lancer un espace musical plus large, la firme de Cupertino compte sur la gratuité, mais à sa manière. Avec Beats 1, sa radio gratuite, le groupe vise un public bien plus large avec une accessibilité dans une centaine de pays. 

Et il ne s’agit pas d’une radio qui diffusera en boucle des morceaux par genre sélectionnés par un robot. Beats 1 est une radio Internet qui émettra depuis Los Angeles, New York et Londres avec de véritables animateurs recrutés pour incarner les services musicaux d’Apple. Elle sera accessible 24 heures sur 24 dans une centaine de pays. 

Et pour séduire un public le plus large possible, Beats 1 a recruté des célébrités, comme le DJ néo-zélandais Zane Lowe, débauché de BBC Radio 1 pour le studio Californien. Ebro Darden animera celui de New York et Julie Adenuga celui de Londres. Mais aussi, Beats 1 pourrait aussi compter des stars comme Eminem, Elton John, Pharrell Williams ou Dr. Dre.

CarPlay, l'autoradio d'Apple qui fera rouler Beats 1

Cette stratégie a failli être bousculée par Taylor Swift qui a menacé de boycotter le nouveau service si Apple ne payait pas les artistes pendant la période d’essai gratuite. "Nous ne vous demandons pas des iPhone gratuits, ne nous demandez pas de fournir notre musique gratuitement", s'est-elle émue sur Internet. En un tweet de l’artiste, Apple a cédé, preuve que la marque ne veut prendre aucun risque.

En effet, pour devenir le 1er service de streaming du monde, Apple doit faire de Beats 1 la première radio internet de la planète. Arrivera-t-elle à surpasser les bandes AM/FM ? C’est le but et pour cela, Apple ne compte pas seulement sur l’iPhone, l’iPad ou les Mac.

Consciente que la radio est principalement écoutée en voiture, le levier de l’offre radio va surtout reposer sur Apple CarPlay, l’interface multimédia qui, d’ici 2020, selon le cabinet IHS, équipera 37 millions de véhicules.

Pascal Samama