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Alcatel pourrait disparaître, selon Michel Combes

Michel Combes, le directeur général d'Alcatel-Lucent, a engagé un plan stratégique prévoyant 10.000 suppressions de postes.

Michel Combes, le directeur général d'Alcatel-Lucent, a engagé un plan stratégique prévoyant 10.000 suppressions de postes. - -

Selon le directeur général d'Alcatel, le plan de restructuration du groupe, qui prévoit la suppression de 10.000 emplois, est indispensable à sa survie.

Alcatel-Lucent, déficitaire sans discontinuer depuis 2006 faute d'avoir su prendre des virages technologiques nécessaires, se trouve dans une situation plus que délicate. Ce qui l'a conduit à annoncer la suppression de 10.000 postes dans le monde, dont 900 en France, dans le cadre d'un nouveau plan stratégique présenté comme celui de la dernière chance.

Invité d'Europe 1, mardi 15 octobre, le directeur général du groupe s'est montré on ne peut plus clair. "Cette entreprise peut disparaître", a ainsi assuré Michel Combes.

"Le plan fixe des objectifs qui sont indispensables à la survie de l'entreprise (...) mais peut évidemment être amélioré. C'est l'objet du dialogue social qui s'ouvre aujourd'hui", a-t-il ajouté, précisant qu'il se donnait quatre mois pour négocier les modalités et le calendrier du plan.

Michel Combes, qui a pris les rênes d'Alcatel-Lucent au début avril, a dit avoir renoncé à un plan de son prédécesseur Ben Verwaayen visant à cesser complètement les activités françaises du groupe.

Alcatel souffre d'une "dispersion de ses forces"

En France, où se trouve le siège d'Alcatel, environ 900 postes pourraient être supprimés dès 2014 selon le plan annoncé le 8 octobre dernier. Les syndicats, qui s'attendaient à des annonces difficiles, ont cependant été surpris par les projets de fermeture de plusieurs sites.

Toulouse et Rennes, qui emploient respectivement 100 et 110 personnes, devraient être fermés rapidement. Trois autres implantations du groupe à Eu (Seine-Maritime), Ormes (Loiret) et Orvault (Loire-Atlantique) ont vocation à être cédées d'ici 2015, Alcatel ayant l'intention de concentrer ses activités sur les sites de Villarceaux (Essonne) et Lannion (Côtes-d'Armor)

"L'entreprise souffre d'une dispersion de ses forces, d'une dispersion de ses sites, ce qui nous amène aujourd'hui à avoir un nombre de sites trop importants avec une taille insuffisante qui ne nous permet pas d'assurer l'évolution de l'emploi sur chacun de ces sites", a encore affirmé Michel Combes.

Les syndicats CFDT, CFE-CGC et CGT appellent les salariés français du groupe à défiler à Paris ce mardi jusqu'au siège de la société près de la tour Eiffel, où un pique-nique est prévu.

Y. D. avec AFP