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5G : les opérateurs français vigilants après les enchères italiennes

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Les opérateurs italiens ont mis 6,5 milliards d'euros sur la table pour s'emparer des fréquences 5G, battant tous les records. Un scénario que les opérateurs français veulent éviter à tout prix.

« Des enchères délirantes », « des montants déraisonnables »... les opérateurs français réagissent à l'unisson à l'attribution des fréquences 5G en Italie. 6,5 milliards déboursés, là où le gouvernement italien en attendait au mieux 3 milliards.

Certes, la forte concurrence sur ce marché avec l'arrivée d'Iliad explique, en partie, cette flambée des prix. Mais le mécanisme d'enchères mis en place par l'Etat italien est aussi pointé du doigt : « le découpage des lots était fait pour faire monter les opérateurs au cocotier », souligne-t-on chez Orange.

De quoi raviver des craintes chez les opérateurs français. « On a l'impression de se retrouver 20 ans en arrière », réagit la Fédération française des télécoms, en référence à l'attribution des fréquences 3G autour des années 2000. Les opérateurs avaient dû débourser des fortunes et s'étaient retrouvés dans l'incapacité d'investir.

Quel modèle économique pour la 5G ?

Et si l'Etat français, pour remplir ses caisses, renouait à son tour avec ses veilles habitudes ? « Ce n'est pas les signes qu'on a pour l'instant », dit-on chez Orange, mais « le gouvernement n'est pas clair sur ce qu'il souhaite avec la 5G », avance, de son côté, la FFT. Les détails sur l'attribution des fréquences sont attendus courant 2019. 

Quoi qu'il en soit, le secteur entend faire du cas italien un « contre exemple » pour convaincre l'Etat d'adopter une autre approche. « C'est l'occasion de ne pas répéter ce genre d'erreur », dit un autre opérateur. Le modèle, c'est celui du « New Deal mobile » signé au début de l'année avec le gouvernement : l'Etat a renoncé aux enchères pour la réattribution de certaines fréquences en échange d'obligations d'investissement et de couverture imposées aux opérateurs.

Or dans le cas de la 5G, ni les usages, ni le modèle économique, ni les attentes de l'Etat ne sont à l'heure actuelle bien définis. « Avant de sortir le carnet de chèques, il faudrait savoir à quoi va servir la 5G », conclut un opérateur.

Simon TENENBAUM