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Services : une croissance au ralenti mais « pas d'alerte »

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Selon IHS Markit, le secteur des services affiche des résultats décevants pour le mois de septembre, un repli de l’indice à 54,8 points. Pour autant, le cabinet souligne un certain « optimisme » de la part des entreprises.

Après une année 2017 dynamique (2,3% de croissance du PIB), la tendance est à la baisse pour 2018. Selon l’indice PMI publié par le cabinet IHS Markit, la croissance du secteur privé ralentit, pour atteindre son plus bas niveau depuis décembre 2016. Une décélération qui touche notamment l’activité des services, qui représente plus de 75% de l’activité économique française, et dont l’indice PMI s’est établi à 54,8 le mois dernier, son plus bas niveau depuis mai.

Un ralentissement qui s’explique, entre autres, par le repli du « nombre de nouveaux contrats obtenus par les prestataires de services, ayant nettement ralenti depuis le pic enregistré en janvier 2018 », indique le communiqué. Le secteur manufacturier, dont la croissance a elle aussi ralenti le mois dernier, s’affiche quant à lui à 54,0 soit 0,9 point en dessous de son niveau du mois d’août. Des niveaux qui restent malgré tout au-dessus de la barre des 50 points, qui distingue croissance et contraction de l’activité.

« Tout le monde a tourné à grande vitesse fin 2017, mais ça ne pouvait pas durer »

Malgré une décélération des nouvelles commandes pour le mois de septembre et une croissance en berne du secteur des services, les chefs d’entreprise pointent néanmoins des hausses de leurs effectifs. Des embauches qui s’expliquent rationnellement par le besoin de de traiter la demande importante du premier semestre.

Le communiqué souligne par ailleurs le regain de confiance de la part des chefs d’entreprise qui se redresse par rapport à août, détaillant : « Les entreprises interrogées fondent leur optimisme sur le lancement de nouveaux produits et l’espoir d’une reprise de l’économie française ».

Un cycle économique standard

Pour Philippe Waechter, Directeur de Recherche Economique chez Ostrum Asset Management, il ne faut percevoir ni « alerte » du côté de la croissance, ni « impulsion » de la part des chefs d’entreprise. « On est en train de suivre un cycle économique standard. Tout le monde a tourné à grande vitesse fin 2017, mais ça ne pouvait pas durer. L’objectif est de trouver une trajectoire stable et plus soutenable à moyen terme » explique-t-il.

En 2017, la croissance française a en effet atteint son plus haut niveau depuis 2011, s’élevant à 2,2%, « portée notamment par la vivacité de l’investissement privé et de fortes exportations » (Insee). Mais depuis le début de l’année, la tendance globale s’est inversée, dû sans doute, à « la politique fiscale menée par le gouvernement » qui ne pousse pas les entreprises à investir.

« On avait l’habitude du 2% de PIB en moyenne, aujourd’hui on oscille entre 1,3 et 1,5% / an, mais en réalité, on s’approche de ce que peut faire l’économie française à moyen terme. Ça changera avec l’investissement des entreprises, mais dans un climat de ralentissement du commerce mondial, il ne faut plus attendre d’impulsion » conclut Philippe Waechter.