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Restructurations: La CGT estime que les entreprises ne peuvent pas "tout mettre sur le dos de la crise"

Sur BFM Business, Philippe Martinez estime que les difficultés que rencontrent certaines entreprises à cause de la pandémie ne doivent pas, pour autant, donner lieu à des restructurations.

La crise sanitaire constituerait-elle un prétexte pour certaines entreprises pour enclencher des restructurations et rogner dans leurs effectifs? Si le secrétaire général de la CGT ne peut que constater le gouffre financier dans lequel des enseignes comme Naf Naf, Conforama, ou encore Alinéa se retrouvent aujourd’hui après deux mois de confinement, il n'en reste pas moins convaincu que les choix stratégiques de certaines entreprises ne se révèlent, selon lui, pas toujours justifiés.

Sur BFM Business dans l'émission "12 Heure – L'Heure H" ce mardi, le secrétaire général de la CGT explique s'être entretenu avec le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, et lui avoir adressé un courrier "avec une liste d'entreprises" dans lequel il rappelle la nécessité de dialoguer "pour voir s'il n'y a pas d'alternatives" avant de vendre, de restructurer et de couper dans les effectifs.

"Je lui ai dit (à Bruno Le Maire – NDLR) et je lui ai écrit qu'il y a certaines entreprises qui avaient des plans de restructuration dans les tiroirs (…) et qui, sous prétexte de Covid" feraient des choix contestables, alerte-t-il. "On ne peut pas mettre sur le dos de la crise sanitaire des choses qui étaient déjà. Donc parlons, discutons et trouvons des solutions ensemble avant de dire 'je restructure'".

"Engie est un vrai problème"

Parmi les entreprises qui figurent dans la liste de la CGT, on retrouve des groupes comme Engie. Si son président, Jean-Pierre Clamadieu, estime que le temps est venu pour le groupe de se recentrer sur des activités prioritaires en vendant certaines d'entre elles, Philippe Martinez répond qu'il n'y a "aucune expérience de vente où il n'y a pas eu de suppressions d'emplois".

"Engie est un vrai problème. (…) Et d'ailleurs, on parle de reprise de l'économie, on parle de réindustrialisation, (…) profitons-en pour revoir ce que cela veut dire relocaliser. Réindustrialiser Engie est un bon exemple", souligne le secrétaire général de la CGT pour qui le fait de réindustrialiser des secteurs comme ceux de l'automobile, de l'aéronautique ou de la sidérurgie serait également bienvenue.

Julie Cohen-Heurton