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Respirateurs d'Air Liquide: "un faux procès" dénonce Agnès Pannier-Runacher

La secrétaire d'Etat à l'économie a répondu aux questions de BFM Business, notamment sur la polémique liée aux respirateurs artificiels fabriqués en urgence par Air Liquide.

Un outil inutile? Selon FranceInfo, les 8500 respirateurs Osiris 3 d'Air Liquide, commandés par l'Etat, ne conviennent pas aux patients en grave détresse respiratoire. Si l'entreprise a déjà défendu son travail, réalisé en urgence avec le spécialiste des équipements électriques Schneider Electric, l'équipementier automobile Valéo et le constructeur PSA, le gouvernement est aussi monté au front.

Interrogée sur BFM Business, la secrétaire d'Etat à l'économie Agnès Pannier-Runacher a dénoncé "un faux procès, doublé de très mauvaises intentions". Et de rappeler : "Ce choix industriel, nous l'avons fait sur la base d'une analyse sanitaire."

"Lorsque la commande a été passée de ces 10.000 respirateurs (dont 8.500 Osiris 3, ndlr), il s'agissait d'équiper des lits qui pouvaient manquer à l'appel dans le cadre de l'épidémie du Covid. Olivier Véran (le ministre de la Santé, ndlr) prévoyait d'équiper jusqu'à 14.000 lits de réanimation et donc il était dans l'anticipation" souligne la secrétaire d'Etat qui rappelle que l'exécutif avait alors eu la validation des "deux société savantes" sur les modalités d'usage des respirateurs en question.

"Les bras m'en tombent de lire cela" se désole-t-elle. "Nous étions dans l'anticipation, c'est un exploit industriel. Le consortium perd de l'agent, ils ont fait ces respirateurs à prix coûtant (…) C'est une polémique déplacée à un moment où nous avons encore 5000 patients en réanimation. Et je me réjouis que nous n'ayons pas eu besoin de monter à 14.000 lits de réanimation dans notre pays."

Validés par les sociétés savantes

"Nous sommes en position d'avoir à fin mai, 15.000 respirateurs lourds et 15.000 respirateurs mobiles. Donc nous sommes effectivement beaucoup mieux équipés que nous ne l'étions au démarrage de la crise" conclut la secrétaire d'Etat à l'économie.

Interrogées par l'AFP, les deux sociétés savantes, la Société française de réanimation (SFAR) et la Société de réanimation de langue française (SRLF) ont confirmé la validation des respirateurs Osiris, "uniquement en dernier recours et avec des conseils d'utilisation - de crainte de voir mourir des patients à la porte des réanimations".

Thomas Leroy