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Renault : l'Etat français lâche Carlos Ghosn

Carlos Ghosn a été inculpé trois fois par la justice japonaise, pour dissimulation de revenus et abus de confiance.

Carlos Ghosn a été inculpé trois fois par la justice japonaise, pour dissimulation de revenus et abus de confiance. - Behrouz MEHRI / AFP

Par la voix de son ministre Bruno Le Maire, l’Etat actionnaire a réclamé la convocation d'un conseil d'administration « dans les prochains jours » pour choisir son successeur.

Après avoir longuement plaidé pour le maintien de Carlos Ghosn, la France s’est finalement décidée à demander la nomination de son successeur pour prendre la tête de Renault, a annoncé Bruno Le Maire sur LCI, ce mercredi soir. « L'Etat, comme actionnaire de référence, souhaite la convocation du conseil d'administration de Renault dans les prochains jours » afin de désigner « une nouvelle gouvernance pérenne », a affirmé le ministre.

L'État est le premier actionnaire de Renault, avec 15,01% du capital. Nissan en détient 15%, mais sans droits de vote en assemblée générale. Renault contrôle pour sa part 43% de Nissan, qu'il a sauvé de la faillite il y a près de 20 ans. « J'ai toujours indiqué, en rappelant la présomption d’innocence de Carlos Ghosn, que s'il devait être durablement empêché, nous devrions passer à une nouvelle étape. Nous y sommes » a expliqué Bruno Le Maire.

Le successeur pressenti pour le poste de président non-exécutif reste Jean-Dominique Sénard, ex-président de Michelin, dont Bruno le Maire a loué les qualités.

Carlos Ghosn, mis en examen notamment pour abus de confiance, a vu sa demande de libération sous caution de nouveau rejetée mardi et pourrait rester des mois en prison, ce qui rendrait difficile son maintien à la tête de Renault dont il est toujours PDG. Selon le Figaro, un conseil d’administration pourrait avoir lieu ce dimanche.

Ce jeudi, Les Echos affirmaient que Carlos Ghosn avait versé à l’une de ses sœurs 660 000 euros pour des activités de conseil de 2003 à 2016, selon l’enquête interne de Nissan. Des donations à des universités libanaises ou encore un abonnement de yacht-club au Brésil d’une valeur de 55 000 euros auraient été effectués avec les fonds du constructeur japonais.

La rédaction avec AFP