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Près de Lyon, un patron se confine dans les locaux de son entreprise pour la sauver

Igor Chmakoff, gérant de La compagnie des tanneurs, vit dans les locaux de son entreprise d'Irigny et continue d'honorer les commandes de ses clients.

Sauver sa PME coûte que coûte. C'est le souhait d'Igor Chmakoff, gérant de La compagnie des tanneurs, une petite entreprise spécialisée dans la vente de peaux aux particuliers et aux artisans. Depuis le 16 mars, ce patron a décidé de se confiner dans les 2300 mètres carrés des locaux de son entreprise, située à Irigny, au sud de Lyon, de manière à lui permettre de survivre en continuant son activité.

"C'est ma première maison, ici. C'est assez confortable, je pense qu'il y a pire que moi. Mais ça reste une chambre au bureau, dans une zone industrielle", témoigne Igor Chmakoff au micro de BFM Lyon.

Le gérant a commencé par installer de quoi dormir sur son lieu de travail. Une cuisine, une salle à manger et une douche - déjà présentes dans les locaux - lui permettent de subvenir à ses besoins. Quelques aménagement supplémentaires, comme l'achat d'une machine à laver et d'une table à repasser, ont également été nécessaires.

"On continue à bosser, à préparer les commandes"

En vivant 24h/24 sur place, le gérant de La compagnie des tanneurs, dont deux employés sont en télé-travail et quatre au chômage partiel, peut ainsi continuer à honorer les commandes de ses clients malgré le confinement.

"On continue à bosser, à préparer les commandes, à préparer tout ce qu'on a pas eu le temps de faire dans la semaine parce que le téléphone n'arrête pas de sonner, de huit heures à huit heures", explique Igor Chmakoff. S'il n'y a plus de matières premières le fabricant ne peut plus fabriquer, c'est logique."

En travaillant d'arrache-pied depuis le début du confinement, le gérant de la compagnie des tanneurs espère atteindre au moins 25% de son chiffre d'affaires réalisé d'ordinaire sur cette période, pour permettre à son affaire de garder la tête hors de l'eau.

"L'idée, c'était de se battre jusqu'au bout", assure-t-il. Et de se dire: 'Le peu que je peux faire, je le fais.' Et si jamais je dois déposer le bilan, j'aurais la conscience tranquille d'avoir fait tout ce qu'il y avait à faire pour sauver la boîte."
Juliette Mitoyen