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Pourquoi les femmes entrepreneures ont tant de mal à lever des fonds

La PDG et cofondatrice de My Little Paris, Céline Orjubin, regrette que seuls 2,2% des fonds destinés à financer les start-up soient alloués à des projets portés par des femmes.

Groupe de médias diversifié qui propose également à ses 5 millions de lectrices des "box" de produits de beauté et d'accessoires, ainsi que des espaces de coworking gratuits, My Little Paris s'est fixé pour ligne de conduite de se positionner en tant que "porte-voix des femmes" afin de "promouvoir", entre autres, "les rôles modèles de l'entrepreneuriat féminin".

Une ambition portée par sa cofondatrice Céline Orjubin depuis la création de My Little Paris en 2008. Mais celle qui s'avère également membre du mouvement SISTA - dont la mission consiste à défendre "l'entrepreneuriat au féminin" - déplore qu'aujourd'hui en France, les femmes soient confrontées à quantité de freins dès lors qu'elles souhaitent entreprendre.

"Je suis assez catégorique. Je pense que l'on vit dans une société patriarcale et je pense que les femmes, elles osent beaucoup. Les femmes, elles sont courageuses, elles essaient tout. A un moment donné, je pense qu'il faut prendre des mesures assez concrètes", lance Céline Orjubin, invitée ce mercredi dans l'émission "12H L'Heure H" sur BFM Business.

"Compter les femmes pour que les femmes comptent"

De fait, l'idée de départ du mouvement SISTA initié par Tatiana Jama (la fondatrice de Selectionnist) et Céline Lazorthes (Leetchi) tient au fait de "compter les femmes pour que les femmes comptent". Autrement dit: celle de déterminer l'ampleur des fonds que parviennent à réunir les femmes entrepreneures pour développer leurs start-up. Le problème, concède la cofondatrice de My Little Paris, c'est qu'il n'existait jusqu'à il y a peu aucune donnée à ce sujet.

Mais c'était sans compter sur un baromètre publié par l'association StartHer en collaboration avec KPMG. Dans son édition 2019, le document met en exergue le fait que les femmes lèvent aujourd'hui en France deux fois moins de fonds que les hommes. Ce que Céline Orjubin dénonce. Elle rappelle d'ailleurs que, si son groupe est parvenu à "se développer très rapidement", c'est bien grâce à ses "fonds propres" de départ. "On n'a jamais eu à lever de fonds et quelque part les premières personnes qui nous ont fait confiance, qui nous ont signé des chèques, eh bien c'étaient nos clientes", juge-t-elle.

2,2% de fonds destinés aux femmes

Mais Céline Orjubin tient à préciser une chose. Maintenant que des études sont menées à ce sujet, "on se rend compte qu'aujourd'hui, c'est 2,2% des fonds qui sont investis dans des start-up portées par des femmes en France", explique-t-elle. "On voit cela, et on se dit, en fait, il y a un problème, ce n'est pas possible".

D'où sa présence jeudi à Bercy dans le cadre du mouvement SISTA et aux côtés de la Secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa et du secrétaire d'État chargé du Numérique Cédric O pour signer une charte. Un document au travers duquel, conclut-elle, "des fonds d'investissement – soutenus évidemment et portés par la BPI – vont s'engager à investir au moins 25% de leurs fonds dans des start-up portées par des femmes d'ici 2025".

JCH