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L'indicateur venu du Québec pour mesurer l'entrepreneuriat tricolore

Près d'un Français sur deux aimerait être à son compte

Près d'un Français sur deux aimerait être à son compte - Martin Bureau - AFP

L'agence pour la création d'entreprise a lancé ce mercredi 3 février un "indice entrepreneurial" afin de mieux cerner et développer le potentiel français. La première enquête révèle que près d'un Français sur trois a déjà songé à créer ou diriger une entreprise.

"La vie d'un entrepreneur est bien souvent plus dure que celle d'un salarié. Il ne faut jamais l'oublier", affirmait Emmanuel Macron, le 20 janvier dernier. Une phrase que le ministre a par la suite regrettée mais qui en dit long sur le parcours du combattant que peut parfois revêtir la création d'entreprise. Néanmoins la France n'est pas sans avoir un certain potentiel sur l'entrepreneuriat.

Et c'est pour mieux tenter de l'identifier que l'Agence pour la création d'entreprise (APCE) lance ce mercredi 3 février un "indice entrepreneurial Français". Une statistique qui doit selon l'agence "identifier les freins et les leviers permettant de stimuler la culture entrepreneuriale et favoriser la création d’entreprises". Rien de moins. En fait, l'ACPE indique s'être inspirée du même indice qui existe déjà depuis 2009 au Québec.

Concrètement, cet indice repose sur une enquête menée auprès de 1.700 personnes pour identifier celles qui se sont, commencent ou souhaitent se lancer dans l'entrepreneuriat.

1 Français sur 3 a songé à l'entrepreneuriat

Après avoir sondé son échantillon, l'enquête identifie quatre catégories d'entrepreneurs: les "intentionnistes", soit ceux qui veulent créer ou reprendre une société, "les porteurs de projets", qui ont déjà entrepris des démarches, les "entrepreneurs" qui sont les dirigeants et associés travaillant dans une entreprise qu'ils ont créée, et enfin les "fermetures", c'est-à-dire les personnes ayant créé et dirigé une entreprise aujourd'hui fermée ou cédée.

L'indice regarde le pourcentage de personnes appartenant à au moins une de ces quatre catégories et il en ressort que 32%, soit un Français sur trois, se trouvent ou se sont trouvées sur le chemin de l'entrepreneuriat.

Dans le détail, 21% des répondants veulent créer une entreprise, 7% ont entrepris des démarches, 10% sont actuellement entrepreneurs et 14% l'on fermée ou cédée. Le total (52%) est supérieur au chiffre de 32% évoqué plus haut car un même entrepreneur peut appartenir à plusieurs catégories.

Près de la moitié des Français veulent être à leur compte

L'enquête de l'APCE montre que l'entrepreneur moyen est plutôt un homme (38% des répondants contre 27% des répondantes) relativement jeune (la proportion d'entrepreneurs est plus élevée dans les catégories d'âges "moins de 30 ans" et "30 à 49 ans"). Par contre il n'a pas un niveau d'études spécifique, le pourcentage variant en fait assez peu selon le degré du diplôme.

L'étude montre par ailleurs que près d'un Français sur deux (46%) estiment que l'entrepreneuriat mène à une carrière "plus intéressante". À la question "quelle carrière est selon vous la plus intéressante", 46% citent "avoir sa propre entreprise" (21%) ou "travailler à son compte (25%)", ce qui peut certes englober les professions libérales. 20% évoquent la fonction publique et 34% le salariat, dans une grande entreprise (21%) ou une PME (13%).

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Concernant les freins à l'entrepreneuriat, ce qui dissuade le plus les Français qui n'envisagent pas de créer leur société est la peur de l'échec (24%) derrière les soucis financiers, la préférence pour un emploi salarié plus sécuritaire et la lourdeur administrative (entre 16 et 17% des répondants).

Pour les personnes qui ne sont pas entrepreneurs mais qui y songent ou ont commencé les démarches, la plus grande crainte reste la complexité des démarches (48%) devant la peur de l'échec (34%) et l'investissement financier (30%) que requiert ce type de carrière.

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Méthodologie de l’enquête

Enquête réalisée auprès de 1.700 répondants. Le panel global est constitué de 2 échantillons interrogés en ligne entre le 17 et le 22 décembre 2015 puis entre le 4 et le 11 janvier 2016: un premier échantillon de 1.000 personnes représentatif de la population résidente en France de 18 ans et plus selon la méthode des quotas (sexe, âge et CSP par grande région).  Un sur-échantillon de 700 personnes "cibles"  100 dirigeants d’entreprise / 100 porteurs de projet / 200 intentionnistes / 300 demandeurs d’emploi, selon la méthode des quotas (sexe, âge et CSP par grande région)

J.M.