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Les défaillances d’entreprises en forte baisse au 3e trimestre malgré de premiers signes d'alerte

Les défaillances d'entreprises restent faibles.

Les défaillances d'entreprises restent faibles. - MichaelGaida - Pixabay

Les défaillances d'entreprises ont baissé de 20,8% au troisième trimestre par rapport à la même période un an plus tôt. Mais "le printemps 2022 s'annonce extrêmement tendu" pour les entreprises les plus vulnérables, prévient le groupe Altares.

Les défaillances d’entreprises demeurent au plus bas. Selon le groupe Altares, 5311 procédures collectives ont été ouvertes au troisième trimestre. Un chiffre en recul de 20,8% par rapport à la même période un an plus tôt.

17.500 emplois étaient menacés par ces défaillances, contre 26.600 l’an passé à la même période. En outre, la tendance reste largement favorable puisque 28.000 jugements ont été prononcés à fin septembre contre 37.000 un an plus tôt.

Dans le détail, 159 procédures de sauvegardes (+2,6%) ont été ouvertes au cours du troisième trimestre, contre 1292 entreprises placées en redressement judiciaire (-11,9%) et 3860 en liquidation judiciaire directes (-24%).

Mais "si le volume des défaillances reste deux fois inférieur à celui de 2019, quelques activités présentent tout de même des signes de fragilité. Leurs tensions sont exacerbées par les difficultés d’approvisionnements, de recrutement et la reprise rapide qui alourdit les besoins de fonds de roulement. Un clivage s’opère donc entre les entreprises qui terminent 2021 avec un niveau de trésorerie solide, au prix d’un endettement parfois fort, et les entreprises qui manquent déjà de cash pour financer la reprise", prévient Thierry Millon, directeur des études Altares.

Des petites entreprises fragilisées

Les petites entreprises sont sans surprise les plus vulnérables. Les TPE représentent ainsi 93% des procédures ouvertes, bien que le nombre de défaillances (4930, -21%) a chuté par rapport à la même période un an plus tôt. Et du côté des PME de 10 à 19 salariés, l’horizon semble quelque peu s’assombrir alors qu’elles enregistrent une augmentation du nombre de procédures collectives de 2,9% au troisième trimestre, en particulier en raison de la forte hausse des redressements judiciaires (+30%). A l’inverse, les liquidations directes baissent de 5% et les sauvegardes chutent de 28%.

Si tous les secteurs d’activité et toutes les régions sont concernés par le recul des défaillances et que leur nombre devrait être "encore contenu sous le seuil des 10.000" au dernier trimestre, 2022 pourrait ouvrir "la voie à des tendances bien moins favorables", met en garde Thierry Millon.

A cette échéance, le "quoi qu’il en coûte" se sera sans doute totalement éteint et de nombreuses entreprises devront commencer à rembourser leurs emprunts, dont les PGE, et payer leurs cotisations reportées:

"Le printemps 2022 s’annonce donc extrêmement tendu pour les entreprises qui ne seraient pas en mesure d’honorer les premières échéances. Peut-être seront-elles alors tentées de solliciter l’aide du tribunal pour restructurer le PGE dans le cadre d’une conciliation ou allonger la durée de remboursement avec un plan de sauvegarde ou de redressement", alerte encore Thierry Millon.
https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis Journaliste BFM Eco