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Le smartphone continue à boire la tasse

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Les ventes reculent à nouveau au premier trimestre après une année 2018 dans le rouge. Tous les fabricants dévissent à l’exception de deux acteurs chinois dont Huawei qui menace désormais le leader Samsung.

Le smartphone ne fait plus recette. Les ventes de ces appareils ont encore reculé au premier trimestre confirmant une tendance globale observée en 2018. La demande forte en Asie ne semble plus compenser la maturité voire la saturation des marchés occidentaux tandis que les cycles de renouvellement sont plus longs. Il s’agit du 6e trimestre consécutif dans le rouge.

Selon le cabinet d’études IDC, les livraisons mondiales ont reculé de 6,6% sur un an à 310,8 millions d’unités. « C’est aux Etats-Unis que la baisse est la plus marquée avec des ventes qui fondent de 15% », souligne Ryan Reith, vice-président chez IDC.

Tous les grands fabricants sont en difficulté à l’exception notable du chinois Huawei qui affiche une croissance insolente au point de se rapprocher dangereusement du leader mondial Samsung.

Le sud-coréen voit ses ventes baisser de 8% et sa part de marché perd plus de 2 points à 23%. Et ce malgré le lancement de son nouveau modèle haut de gamme. Mais sur ce terrain, Huawei fait désormais mieux et moins cher.

Le géant chinois flambe ainsi de 50% sur un an avec une part de marché qui passe de 12 à 19%. « Huawei est clairement en train de réduire l’écart avec Samsung (59 millions d’unités contre 72 millions). Le fabricant profite également de la demande en Chine où il est présent sur tous les segments de marché. Tandis que son haut de gamme permet de fidéliser et d’attirer d’autres clients vers les gammes inférieures », commente IDC.

Le pliable ne sauvera pas la mise

Derrière, Apple et ses iPhone sont clairement distancés avec un repli évalué à 30% pour une part de marché qui passe de 16 à 12%. Et IDC n’est pas très optimiste pour la suite : les difficultés en Chine combinées « à l’émergence des terminaux pliables et 5G risquent d’amplifier la problématique d’Apple cette année ».

Le reste du classement est occupé par trois acteurs chinois : Xiaomi qui voit ses ventes reculer de 10% (part de marché à 8%), Vivo qui flambe de 24% et qui se place juste derrière son concurrent, et Oppo dont les ventes se replient de 6%. Ces trois acteurs se tiennent dans un mouchoir de poche.

L’année 2019 devrait être à l’image de ce trimestre, dans le rouge. Et il ne faudra pas compter sur les très coûteux smartphones pliables pour le relancer, selon la dernière étude prospective du Gartner sur les ventes d’appareils connectés à horizon 2023.

Le marché devrait ainsi contracter cette année (-0,5%) à 2,20 millions d’unités écoulées contre 2,21 millions l’an passé.

« Les utilisateurs ne veulent pas ou n’ont pas besoin de renouveler leurs smartphones sans vraie rupture technologique ou d’usage », souligne Roberta Cozza, directrice de recherche. Quant au pliable, « il y a des doutes sur leur effet à court terme », explique Gartner. Le cabinet britannique table sur une part de marché de seulement 5% en 2023, soit 30 millions d’unités en circulation.

« Les smartphones pliables resteront des modèles de niche, notamment à cause de questions de fabrication qui limiteront le volume proposé et des questions de fiabilité », poursuit le spécialiste qui ajoute évidemment le facteur prix comme frein « même pour les early-adopters ».

Néanmoins, ces modèles pourraient préfigurer de nouveaux design de terminaux mais il faudra avant tout répondre à la question des usages.

Olivier CHICHEPORTICHE