BFM Business

le patriotisme retrouvé des grandes entreprises françaises

Les grandes entreprises ne s’attendent qu’à une reprise modeste de la croissance cette année.

Les grandes entreprises ne s’attendent qu’à une reprise modeste de la croissance cette année. - Loic Venance - AFP

Des grandes entreprises françaises qui redressent leur rentabilité et redécouvrent la France dans un contexte international perturbé: tels sont les principaux enseignements du huitième baromètre des grandes entreprises, réalisé par l’Observatoire BFM Business et le cabinet de conseil Eurogroup consulting en partenariat avec le Figaro economie.

Comme chaque année, les 100 principales entreprises tricolores (CAC, une partie du SBF 120, et quelque grandes sociétés familiales emblématiques du paysage économique national) ont livré leur sentiment sur leurs projets pour l’année à venir en matière d’activité, d’investissement, d’embauches, en France comme à l’étranger. Elles livrent aussi leurs principales inquiétudes, et leurs priorités pour les douze mois à venir. Et pour la première fois cette année, le panel a été élargi à des ETI (Entreprise de Taille Intermédiaire), non pour opposer grandes et moyennes mais pour mieux cerner les priorités et problématiques respectives.

Les grandes entreprises ne s’attendent qu’à une reprise modeste de la croissance cette année. Surtout grâce à l’activité à l’étranger (66,6% des sondés estiment qu’elle va progresser, alors que 58,1% s’attentent à un chiffre d’affaires stable en France).

La bonne nouvelle, c’est que les plans de restructuration mis en place au cours des dernières années pour traverser la crise vont porter leurs fruits cette année : 93,7% des grandes firmes interrogés sont convaincues que leur rentabilité va progresser cette année.

A l’étranger bien sûr, mais aussi dans l’Hexagone : un peu plus d’une entreprise sur quatre seulement annonce un effritement de ses performances financières dans l’hexagone. Du coup, l’effort sur l’ajustement des effectifs a peu de chances de se relâcher : presque une grande société sur deux prévoit encore de réduire ses effectifs sur le sol national.

-
- © Observatoire BFM Business et le cabinet de conseil Eurogroup consulting

Pour autant, dans un contexte international tendu sur le plan géopolitique, et assombri par les difficultés des pays émergents sur le plan économique, les grandes entreprises redécouvrent l’hexagone, tandis que la voilure est nettement réduite sur les projets à l’international.

Mieux : 96% des grandes sociétés françaises répondent que la délocalisation de la production ne sera pas une priorité cette année.

Au final, sur le tableau de bord de la conjoncture des grandes entreprises, sept cadrans sur huit (activité, rentabilité, investissements, effectifs, en France et à l’étranger) sont en zone verte, du jamais vu depuis la reprise de 2009. Seule ombre au tableau: les perspectives d’emploi en France.

2015 a toutes les caractéristiques au final d’une année de transition

Quelles sont les principales inquiétudes des patrons pour cette année: la langueur de la croissance et les contraintes sociales et fiscales, d’abord, comme l’an dernier. Trois craintes nouvelles émergent nettement : les risques géopolitiques, la déflation, et les menaces numériques. En revanche, la concurrence américaine n’inquiète plus, grâce à la baisse de l’euro, tandis que le réchauffement climatique n’inquiète pas franchement.

En interne, la préoccupation majeure reste la réduction des coûts de production et la résistance au changement. Mais un nouveau défi se pose à toutes les grandes firmes interrogées : la transition digitale, citée par 93% des entreprises. ,

Dans ce tableau, quelle différence entre les grandes sociétés et les ETI ? Moins de rentabilité mais plus de croissance, puisque les dirigeants d’ETI sont significativement plus optimistes sur les investissements (à l’étranger) et l’emploi (en France).

2015 a toutes les caractéristiques au final d’une année de transition, avant une année 2016 qui dans un contexte financier plus encourageant que jamais (taux bas, euro en baisse, pétrole en chute), commence à susciter un vrai espoir.

-
- © Observatoire BFM Business et le cabinet de conseil Eurogroup consulting
Emmanuel Lechypre