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Le cours de l'or s'envole: est-ce le bon moment pour vendre ses vieux bijoux?

En deux mois, le cours de l'or a pris 15% pour atteindre plus de 42 euros le gramme. L'occasion de revendre ses vieux bijoux inutilisés ou cassés. À moins de prendre le risque de patienter un peu pour espérer réaliser un gain encore plus intéressant.

C’est la valeur refuge par excellence. Alors que les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine sont montées d’un cran ces dernières semaines, l’once d’or (31 grammes environ) a atteint mercredi les 1500 dollars. Du jamais vu depuis six ans. En seulement deux mois, le métal jaune s’est apprécié de plus de 15%.

Rien de très surprenant toutefois. Les investisseurs se tournent généralement vers l’or lorsque les incertitudes économiques et politiques se renforcent. De même que les banques centrales. Et cette envolée du cours pourrait aussi profiter aux particuliers, propriétaires de vieux bijoux qu'ils n'utilisent pas.

En l’état, le cours d’achat de l’or est fixé à 42,59 euros le gramme. Autrement dit, une chevalière en or de 8 grammes peut se négocier 340 euros quand le collier de 30 grammes en maille épaisse peut se revendre plus de 1250 euros. Comptez 200 euros pour un bracelet en maille fine de 5 grammes. Mais attention, tous les bijoux en or ne se valent pas. Certains sont le fruit d'alliage avec d'autres métaux moins précieux. Les bijoux en or 8 carats se revendent à 13,44 euros le gramme, 15,13 euros pour le 9 carats, 23,59 euros pour 14 carats, 30,23 euros pour 18 carats et 36,87 euros pour 22 carats.

Les volumes d'échanges en nette hausse

Cette hausse du cours de l’or est "quasi-historique", observe Laurent Schwartz, fondateur du Comptoir national de l’or. "C’est un très bon timing pour revendre ses bijoux", confirme-t-il.

Et les vendeurs ne s’y trompent pas. Qu’il s’agisse de la vente de bijoux, de lingots ou de pièces d’or "on a une recrudescence du nombre de clients compte tenu de la hausse des cours", poursuit Laurent Schwartz. Depuis décembre 2018, les volumes d’échanges ont ainsi augmenté de "15% et ces dernières semaines, ce chiffre a doublé". 

S’agissant des lingots et des pièces d’or, "ce sont souvent des vendeurs qui ont hérité qui y sont donc un peu moins sensibles", analyse le fondateur du Comptoir national de l'or. Pour les bijoux, c’est plutôt le phénomène de "lassitude" qui prédomine. Ceux remis à la vente sont essentiellement des "bijoux inutilisés ou cassés, dont la durée de vie est de dix à vingt ans".

De nouvelles hausses à venir? 

Quant à savoir si cette situation est amenée à durer, Laurent Schwartz pose deux scénarios: "Soit la guerre commerciale s’intensifie. Dans ce cas, on risque de voir un assouplissement monétaire de la Fed et le cours de l’or va mécaniquement augmenter. Soit les tensions se calment" et le cours de l’or reprendra un niveau normal. Or, selon lui, "à court et moyen terme, il n’y a pas de signe" qui laisse envisager un quelconque apaisement.

Autrement dit, les particuliers pourraient même prendre le risque d’attendre encore un peu pour revendre leurs bijoux au meilleur prix. En tout cas, Laurent Schwartz préconise de "s’adresser à des professionnels qui ont pignon sur rue" pour réaliser la transaction. À l’inverse, il déconseille d’opérer des échanges sur internet. "Mieux vaut se déplacer dans une agence pour avoir les conseils personnalisés d’un expert, et cela permet au vendeur de repartir avec ses bijoux si l'offre ne lui convient pas, ce qui est plus compliqué sur Internet", conclut-il.

Paul Louis