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La CGT veut mobiliser le 27 mai pour sauver la retraite à 60 ans

La CGT, pour qui le gouvernement a déjà décidé la fin de la retraite à 60 ans, appelle à une forte mobilisation le 27 mai, avec cinq autres syndicats, pour tenter de faire reculer les pouvoirs publics. /Photo d'archives/REUTERS/Vincent Kessler

La CGT, pour qui le gouvernement a déjà décidé la fin de la retraite à 60 ans, appelle à une forte mobilisation le 27 mai, avec cinq autres syndicats, pour tenter de faire reculer les pouvoirs publics. /Photo d'archives/REUTERS/Vincent Kessler - -

PARIS - La CGT, pour qui le gouvernement a déjà décidé la fin de la retraite à 60 ans, appelle à une forte mobilisation le 27 mai, avec cinq autres...

PARIS (Reuters) - La CGT, pour qui le gouvernement a déjà décidé la fin de la retraite à 60 ans, appelle à une forte mobilisation le 27 mai, avec cinq autres syndicats, pour tenter de faire reculer les pouvoirs publics.

Une grève est prévue d'ores et déjà à la SNCF, du 26 mai au soir au 28 au matin, à l'appel de quatre syndicats de cheminots, dont la CGT.

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a fait monter la pression mercredi en déclarant à l'issue d'un entretien avec le ministre du Travail Eric Woerth que le gouvernement allait agir à la fois sur l'âge légal de départ à la retraite et sur la durée de cotisation.

Le ministre a démenti avoir été aussi catégorique, mais le responsable de la CGT a répété jeudi que la fin de la retraite à 60 correspondait à la tonalité générale de la discussion.

Eric Woerth "l'a pensé si fort que moi et toute la délégation avons compris que le projet de loi publié à la veille des premiers départs en vacances comprendrait à la fois le report de l'âge de la retraite et un allongement de la durée de cotisations, puisqu'on nous dit que le problème des retraites est démographique", a-t-il dit sur RMC.

Selon Le Monde daté du 21 mai, l'exécutif s'est définitivement prononcé mercredi pour le relèvement de l'âge légal d'ouverture des droits à la retraite.

La veille, Bernard Thibault avait surpris en déclarant en sortant du ministère : "On a confirmation que le gouvernement veut reculer l'âge légal de départ en retraite et faire disparaître les 60 ans, et qu'il travaille à un allongement de la durée de cotisation pour avoir ses droits à la retraite."

Il avait ajouté que la conversation ne laissait "planer aucun doute là dessus" même si "les arbitrages sont pas totalement faits aujourd'hui."

"JE NE LUI AI PAS DIT ÇA"

Le ministre du Travail a réfuté avoir tenu de tels propos. "Je ne lui ai pas dit ça", a-t-il dit à des journalistes, répétant que le problème était démographique et que la réponse pouvait prendre "plusieurs formes." "On a parlé de durée de cotisations et on a parlé de l'âge légal", a-t-il expliqué.

Pour Bernard Thibault, tout va maintenant dépendre du degré de mobilisation des Français face au projet du gouvernement.

"S'il n'y a pas une mobilisation suffisante très rapide dès le 27 mai, le gouvernement va écrire une loi qui prononcera la fin de la retraite à 60 ans", a-t-il dit.

L'intersyndicale (CGT, CFDT, CFTC, FSU, Unsa, Solidaires) qui appelle à la mobilisation le 27 mai comprend six syndicats.

Le dirigeant de Force ouvrière Jean-Claude Mailly, qui ne croit pas à l'efficacité de ce type de manifestations, a décliné mardi l'appel de Bernard Thibault à venir renforcer la mobilisation.

Il a souligné que FO proposait pour sa part une grève interprofessionnelle le 15 juin.

"D'autres organisations ont décidé le 27 mai. Je leur souhaite de réussir", a-t-il dit. "Il y aura une première vague de mobilisation le 27 mai et il y aura une deuxième vague le 15 juin. Moi, je ne les oppose pas. Ça veut dire que pour le prix d'une mobilisation vous en aurez deux".

A l'exception de la CFE-CGC, tous les syndicats, y compris FO ont rejeté les pistes présentées par le gouvernement, axées essentiellement sur l'allongement de la durée d'activité.

La réforme des retraites était déjà au centre de la mobilisation du 1er mai mais celle-ci a été beaucoup plus faible qu'espérée par l'intersyndicale avec 350.000 personnes pour toute la France, selon la CGT.

Après les préavis déposés à la RATP, la fédération CGT des cheminots a appelé jeudi les salariés de la SNCF à "agir par la grève" et à participer nombreux aux manifestations du 27 mai un peu partout en France.

Outre la CGT, le préavis de grève pour le 27 mai a été déposé par les syndicats Unsa, Sud-Rail et CFDT.

Dans un communiqué, la CGT des cheminots estime que les choix du gouvernement toucheront la fonction publique et donc les régimes spéciaux.

Elle entend bien défendre en conséquence le maintien de la retraite à 55 ans au sein de l'entreprise (50 pour les agents de conduite).

Gérard Bon, édité par Sophie Louet