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L'histoire agitée (et même française) du mythique studio MGM

Le mythique studio hollywoodien MGM n'est plus à vendre

Le mythique studio hollywoodien MGM n'est plus à vendre - MGM

Studio historique d'Hollywood, Metro-Goldwyn-Mayer est désormais la propriété d'Amazon, près de 100 ans après sa fondation et une histoire particulièrement mouvementée.

Pour l'anecdote, le lion s'appelait Leo. Car si personne ne peut totalement ignorer le studio Metro-Goldwyn-Mayer (MGM), c'est bien grâce à sa mascotte, ce lion rugissant pour annoncer le début des films. En réalité, il y a eu huit Leo depuis 1924, date de la création de la célèbre major d'Hollywood. Le dernier en date, dévoilé en mars dernier, est d'ailleurs un pur produit de la 3D, une manière de s'adapter aux nouveaux mœurs de la société.

Et Leo va désormais rugir pour Amazon, comme la confirmé le groupe de Jeff Bezos mercredi. Un achat de 8,45 milliards de dollars qui permet d'acquérir plus de 4000 films et 17.000 émissions de télévision. La franchise James Bond est évidemment la poule aux œufs d'or du studio qui a tout de même perdu de sa superbe ces dernières décennies.

Il faut dire que MGM changé de mains de nombreuses fois, parfois pour de très courtes périodes.

Un long déclin

Fondé en 1924, il devient avant la guerre le principal producteur d'Hollywood, engage les vedettes de l'époque et obtient la consécration aux Oscars à de multiples reprises notamment pour Les Révoltés du Bounty (1936) ou Autant en emporte le vent (1940).

Les années 1950 s'annoncent plus compliquées. L'Arbre de vie (1957) coûte une fortune mais n'obtient pas les résultats espérés. En 1962, un remake des Révoltés du Bounty avec Marlon Brando vire à la catastrophe financière. En revanche Ben-Hur connait un succès retentissant. Mais les pertes provoquent finalement la chute du président de l'époque.

C'est un homme d'affaires canado-américain, Edgar Bronfman, qui en prend la tête en 1966 avant de le revendre trois ans plus tard seulement à un financier américain. Le nouveau propriétaire s'appelle Kirk Kerkorian, un nom qui reviendra régulièrement jusqu'en 2005 dans la tumultueuse vie de MGM.

Le Crédit lyonnais à la manoeuvre

Peu à peu, MGM perd son statut, Kerkorian préférant adosser la célèbre franchise à ses hôtels de Las Vegas. Le rachat de United Artists (UA) par le financier et son association avec MGM remet néanmoins une pièce dans la machine. En 1986, le magnat des médias Ted Turner rachète le duo MGM/UA et ses catalogues de films. Pas pour longtemps, Turner revend immédiatement UA à Kerkorian puis dépèce MGM dans la foulée, incapable de financer son offre. Tuner garde le catalogue d'avant 1986 mais la marque MGM retourne à Kerkorian.

En 1990, le financier italien controversé Giancarlo Parretti rachète MGM/UA avec l'aide du Crédit lyonnais. L'homme, déjà condamné en Italie, sera aussi reconnu coupable de détournements de fonds et de fraude en 1999. En 1991, le vent a déjà tourné pour lui et le Crédit lyonnais annule son prêt. MGM frôle la faillite.

Le studio est désormais la propriété de la banque française en 1992, qu'elle tente de relancer tant bien que mal, à grands coups de prêts. En 1994, le studio obtient même un joli succès avec Stargate mais n'a plus rien de son aura d'antan.

Le Crédit lyonnais cherche donc rapidement un acquéreur dès 1996. Et trouve… Kirk Kerkorian. Ce dernier entreprend de gonfler le catalogue sans pour autant produire de nouveaux films à succès. MGM fini par être racheté par Sony en 2004 pour 5 milliards de dollars dont 2 milliards de dette... C'est désormais Amazon qui a la responsabilité du lion. A voir ce que le groupe compte en faire.

Thomas Leroy Journaliste BFM Business