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L’agence anticorruption veut "protéger les entreprises contre les mauvaises tentations"

Charles Duchaine était l'invité de BFM Business.

Charles Duchaine était l'invité de BFM Business. - BFM Business

Charles Duchaine, le patron de l’agence anti-corruption, était l’invité de BFM Business ce jeudi. Il a évoqué les objectifs de ce nouvel organe, destiné à prévenir plutôt que réprimer.

Voulue par l’ancien gouvernement, l’agence française anticorruption prend forme. Ce nouvel organe, qui comptera à terme 70 personnes, doit "renforcer l'intégrité et la probité dans la vie économique".

Charles Duchaine, son directeur, était l’invité de BFM Business ce jeudi, afin d’en dire plus sur son rôle et ses objectifs. Sa mission: "La protection par la prévention".

"L’agence anti-corruption s’occupe de la prévention et c’est l’autorité judiciaire qui s’occupe de la répression", a-t-il précisé. "Les deux sont à distinguer même s’ils sont indissociables. Notre agence aura d’abord la mission de protéger les grandes entreprises contre les mauvaises tentations. C’est-à-dire de leur imposer, par le conseil puis par le contrôle, la mise en œuvre de mesures préventives".

"La lutte contre la corruption peut être le prétexte à une guerre économique"

Mais l’objectif est aussi de faire en sorte que les entreprises "s’auto-contrôlent", afin de coller au plus près aux "standards internationaux". Des conseils qui auraient pu être utiles, par exemple, à BNP Paribas, condamnée en 2015 à une amende de près de 9 milliards de dollars aux États-Unis. "Les grandes entreprises françaises préfèrent payer les amendes à la France qu’à l’étranger. Le fait que nous ayons été absents de la scène internationale a fait que certains en ont profité" a ainsi glissé Charles Duchaine.

"La lutte contre la corruption peut être le prétexte à une guerre économique", a-t-il ajouté. "Si cela est conçu comme ça par les autres, il faut que nous ayons les moyens de répondre. Si notre seule capacité est de sanctionner nos entreprises, je pense que nous ne réussirons pas à remplir la mission que la loi nous a confiée".

Interrogé sur le cas Airbus, qui fait l’objet d’enquêtes dans plusieurs pays pour des faits de corruption, le dirigeant a botté en touche. "Airbus ne nous a pas sollicités mais j’imagine que l’actualité vous renseignera dans quelques temps", a-t-il simplement déclaré.

Y.D.