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Valérie Pécresse annonce que les RER et TER franciliens s’ouvriront à la concurrence en 2023

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La présidente de la région Ile-de-France annonce ce mercredi qu’elle ouvrira le réseau des trains de banlieue d’Ile-de-France à la concurrence dans trois ans, afin notamment de faire baisser les coûts.

La SNCF va perdre le monopole sur les trains de banlieue d’Ile-de-France d’ici trois ans. C’est la présidente de la région, Valérie Pécresse, qui l’a annoncé dans Le Parisien ce mercredi. L’ex-LR indique également qu’elle souhaite que le métro et le RER s’ouvrent aux opérateurs privés d’ici 2030.

En tant que présidente de la région, et de son autorité organisatrice des transports, Valérie Pécresse a en effet le pouvoir d’accueillir des opérateurs privés sur le réseau des trains de banlieue dès 2023, comme le prévoit la réforme ferroviaire pour l’Ile-de-France. Ainsi, les lignes s’ouvriraient progressivement à la concurrence à partir de cette date, en commençant par Paris-Gisors, et Paris-Montargis.

Une baisse des prix peu probable

Valérie Pécresse compte sélectionner les nouveaux opérateurs du réseau Transilien "en organisant le match entre opérateurs, publics ou privés", détaille-t-elle encore dans le Parisien. Ce qui permettrait, assure-t-elle, de "baisser les coûts et améliorer le service".

Alors faut-il s’attendre à une chute du prix des billets des trains de banlieue ? "En théorie, l’ouverture à la concurrence entraîne une baisse des prix, puisque les entreprises sont obligées de se gérer au mieux pour être les plus compétitives possible tout en donnant envie aux clients de monter à bord de leur train", analyse Nicolas Doze, éditorialiste économique sur BFMTV ce matin.

Ainsi, dans les secteurs des télécoms, de l’énergie, de l’aviation, on a vu des baisses de prix, rappelle-t-il. "Et même sur le TGV, avec OuiGo, l’offre low cost de la SNCF, lancée justement dans la perspective de l’ouverture du marché".

"Mais en ce qui concerne le RER une baisse des prix serait plus compliquée, car les prix des billets ne sont pas fixés librement comme ceux du TGV". Ils sont déterminés par les régions, en fonction de choix politiques, et fortement subventionnés. "Le prix du billet n’est pas payé par celui qui voyage mais par le contribuable", souligne l’éditorialiste. Or si le marché s’ouvre, continuer de subventionner les tarifs SNCF reviendrait à de la concurrence déloyale. Donc en réalité, les prix ont plus de chances de s’apprécier.

L’autre argument de Valérie Pécresse pour mettre fin aussi vite que possible au monopole dont bénéficient la RATP et la SNCF depuis plus de 70 ans, c'est d'"éviter la paralysie en cas de mouvement social", a prévenu la présidente de région, après la grève qui a paralysé les transports franciliens plus d’un mois cet hiver. Elle appelle à ce titre le gouvernement à "mieux encadrer le droit de grève" en imposant un service garanti aux heures de pointe et la réquisition de conducteurs réservistes.

Nina Godart