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Plantée par leur repreneur chinois, la dentellerie calaisienne Desseilles lutte pour sa survie

Trois ans après sa reprise par un groupe chinois, ce fleuron de l'artisanat français qui emploie 70 salariés est en redressement judiciaire.

Ce fleuron de l'artisanat français va-t-il disparaître? C'est ce que craignent les salariés de la dentellerie Desseilles Laces, désormais en redressement judiciaire. Un coup dur pour cette petite entreprise calaisienne rachetée il y a trois ans par le groupe chinois Hangzhou Yongshen Holding qui s'était engagé à relancer l'activité. "Vu la situation de l'entreprise, je vais devoir me réorienter sur autre chose. Ce savoir-faire, ces métiers vont disparaître", explique à BFMTV Manuel Cappelle, l'un des derniers tullistes de France.

"On a cru à ce projet", reconnaît Renato Fragoli, représentant du personnel qui rappelle que le repreneur avait promis d'investir 4 millions d'euros dans de nouvelles machines et la création d'une école aux métiers de la dentelle. "Rien de tout cela n'a été fait, ils ont utilisé notre savoir-faire et notre création et nous ont laissé crevé ici pour développer ailleurs, chez eux en l'occurrence", s'emporte le représentant du personnel.

Que peuvent désormais espérer les salariés? D'ici le 18 juillet, l'entreprise doit trouver 400.000 euros. Pour y parvenir, la création d'une cagnotte est envisagée. "C'est le serpent qui se mord la queue. Nous n'avons pas la trésorerie pour payer les fils ou la teinture afin de livrer nos clients", explique Marc Bohler, responsable qualité. Sans cette somme, l'entreprise pourrait se retrouver en liquidation judiciaire.

Pascal Samama