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Noël: les plus gros jouets pourraient pâtir du manque de place sur les porte-conteneurs

Face à des délais d'approvisionnement aussi longs que coûteux, certains industriels préférèrent importer des petits jouets pour privilégier la quantité, à deux mois de Noël.

C'est le casse-tête de la fin d'année. Pour les vendeurs de jouets, l'enjeu n'est pas d'attirer le public mais d'avoir des produits à vendre. "Le risque, c'est que les jouets arrivent après Noël en magasin" explique ainsi à BFMTV Franck Mathais, porte-parole de JouéClub.

Et même lorsque les jouets sont made in France, c'est la matière première qui manque pour les fabriquer, comme le papier dont les délais d'attente ont explosé.

Car une des principales problématiques est l'acheminement via le fret maritime, totalement surchargé depuis la relance économique mondiale.

"Le marché aujourd'hui a vu ses fondamentaux totalement changer, notamment du côté américain où l'on observe une sorte d'hyperconsommation qui mobilise beaucoup de navires et beaucoup de conteneurs" analyse à BFMTV Paul Tourret, directeur de l'Institut supérieur d'économie maritime.

Remplir chaque espace

Des navires qui débordent et des coûts qui explosent… A deux mois de Noël, certains fabriquant distributeurs ont décidé d'ajuster leurs importations. C'est le cas de l'américain Basic Fun qui a fait le tri: plutôt que de faire venir de gros jouets, il a choisi de faire venir des petits jouets, de préférence malléables (comme les peluches) pour récupérer chaque petit espace dans un conteneur.

"Je préfère vendre moins de camions et ne pas avoir à augmenter le prix de façon exponentielle car je vendrai à nouveau des camions l'année prochaine" résume le patron de Basic Fun à CNN.

Selon le Freightos Baltic Index, le prix moyen pour le transport d'un conteneur est passé de 2.230 dollars il y a un an à plus de 10.000 dollars aujourd'hui. Une situation qui pourrait perdurer l'année prochaine, voire jusqu'en 2023.

Thomas Leroy Journaliste BFM Business