BFM Business

Mobiky-Tech, le fabricant du Solex, en redressement judiciare

En 2018, l'entreprise a vendu entre 3500 et 4000 vélos électriques

En 2018, l'entreprise a vendu entre 3500 et 4000 vélos électriques - CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Fin juin, le tribunal de commerce a déclaré l'entreprise en cessation de paiement avec une période d'observation de six mois. Le constructeur Mobiky-Tech de Saint-Lô a été mis en redressement judiciaire. L'entreprise emploie entre 25 et 30 personnes.

La société de vélos à assistance électrique (VAE) Mobiky-Tech, qui avait relancé en France en 2017 la production de Solex, est en redressement judiciaire, a-t-on appris mercredi auprès du tribunal de commerce de Coutances (Manche). Quatre ans plus tôt, sa maison-mère Easybike avait, aux côtés du ministre du Redressement productif d'alors Arnaud Montebourg, annoncé "le retour en France" du mythique Solex, auparavant fabriqué en Chine par la société Cible.

Mobiky-Tech, qui assemble à Saint-Lô des VAE de marques Solex, Matra et Easybike, a pour cela bénéficié d'un prêt de 3,9 millions euros des collectivités locales, soit le coût de l'usine de 4000 m2, remboursable en loyers sur 20 ans. La plupart des pièces détachées sont importées. Mais le 25 juin, à la demande du parquet de Coutances et de l'Ursaff, le tribunal de commerce a déclaré l'entreprise en cessation de paiement avec une période d'observation de six mois.

Moins de 4000 Solex vendus en 2018

"Au 30 avril 2019 la société Mobiky-Tech présentait un passif échu exigible et non payé d'au minimum 861.000 euros sans disposer d'aucun actif pour y faire face", dont 141.000 de cotisations Ursaff et 41.000 de dettes aux fournisseurs, selon le jugement du tribunal dont l'AFP a eu une copie. L'augmentation de capital évoquée lors de l'audience le 18 juin par Grégory Trébaol le président de la société mère MGF, à hauteur de 10 millions d'euros, "n'a été ni réalisée, ni décidée", selon le jugement.

>>Télécharger les documents légaux de MOBIKY TECH sur Verif.com

Grégory Trébaol a toutefois affirmé à l'AFP que la production de Saint-Lô est en augmentation grâce aux mesures antidumpings prises par l'Union européenne en juillet à l'encontre des VAE chinois. Selon lui, ces mesures auraient poussé des entreprises européennes à confier l'assemblage de vélos à Mobiky. De plus, a-t-il dit, l'entreprise qui emploie entre 25 et 30 personnes a vendu en 2018 3500 à 4000 Solex, moins que prévu.

Interrogé par l'AFP, le président de l'agglomération de Saint-Lô, Gilles Quinquenel, a dit ne pas être inquiet en raison de la bonne santé du marché des VAE (+25% par an ndlr) et de la valeur des marques Solex et Matra. La collectivité a récemment accordé récemment à Mobiky un étalement du paiement de 400.000 euros de loyers (22.000 euros par mois) impayés. Mobiky lui doit en outre 138.000 euros.

En avril, le tribunal administratif de Nantes a donné raison à la communauté de communes du Saosnois (Sarthe) qui réclamait 76.700 euros à MGF Easybike pour ne pas avoir respecté l'engagement de s'installer sur son territoire, où la société devait s'implanter avant finalement d'opter pour Saint-Lô.

P.S. avec AFP