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Les langues se délient sur le train de vie de Carlos Ghosn

Alors que Nissan vient de révoquer Carlos Ghosn de son poste de président du conseil d'administration, de plus en plus d’informations sortent sur la gestion et les pratiques du président de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi.

Multiples appartements qui pourraient avoir été payés par Nissan, petit coup de pouce à sa fille ou à sa soeur... les révélations se multiplient sur le train de vie de Carlos Ghosn, trois jours après son arrestation au Japon. "On sent un défoulement certain à le voir tomber. La rançon de 20 ans de main de fer dans un gant de fer…", résume un fin connaisseur de Renault.

Un important parc immobilier

Les premiers à avoir éveillé les soupçons sur la gestion Ghosn sont trois cadres de Nissan. Via une nouvelle procédure juridique mise en place dans l’archipel depuis le mois de juin, pour lutter contre les yakuzas, la mafia japonaise, ces cadres ont donné les détails du montage financier qui auraient permis à Carlos Ghosn de dissimuler une partie de ses revenus.

Ces cadres peuvent alors négocier un abandon des poursuites, ou des sanctions allégées à leur encontre, explique ce jeudi Les Echos. Une première libération de la parole qui a ouvert la boite de Pandore, faisant ressortir sous un autre jour la vie publique et privée de Carlos Ghosn. Et de ses proches.

Une filiale de Nissan aurait notamment payé de luxueux appartements à Beyrouth (Liban) et à Rio de Janeiro (Brésil), pour plusieurs millions de dollars, précise le Nikkei. Selon la chaîne japonaise NHK, des centaines de milliers de dollars auraient aussi été dépensées pour des voyages en famille et des dîners, selon des sources restées anonymes.

Des histoires de famille

Les proches de Carlos Ghosn auraient aussi bénéficié de fonds venus de Nissan. Selon le quotidien Yomiuri shinbun, cité par le site spécialisé Automotive News Europe, des sources anonymes rapportent que la sœur aînée de Carlos Ghosn aurait bénéficié de 100.000 dollars de salaire annuel pour un poste de conseillère. Poste qu’elle n’aurait en fait jamais exercé.

Il y a déjà quelques années, certaines pratiques de ce type avaient déjà posé questions. Ainsi, en 2012, Le Monde s’interrogeait sur le coup de pouce de Carlos Ghosn à sa fille Caroline, lors du Women’s Forum de Deauville (Calvados). La jeune femme organisait alors ses rendez-vous sur le stand Renault-Nissan, sponsor de l’événement. "Un seul homme rendait Carlos Ghosn nerveux: Louis Schweitzer (l'ex-PDG de Renault, ndlr), raconte un "historique" de l'Alliance dans Challenges. Quand il a pris le contrôle de Renault, ce dernier ne l'a plus supervisé. C'est à partir de là que la dérive a commencé".

Pauline Ducamp