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Coronavirus: ces PME qui croulent en France sous les commandes de produits sanitaires

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Ces PME fabriquant en France des masques sanitaires (Valmy, Kolmi-Hopen) ou des machines traitant les déchets infectés (Tesalys) ont dû embaucher et accélérer les cadences de production pour satisfaire l'explosion de la demande mondiale de protection contre le coronavirus.

L'épidémie de coronavirus qui a causé plus de 1000 décès en Chine, met certaines entreprises sous tension, mais pas pour les raisons qu'on imagine.

"Globalement on est train de multiplier par dix la production. On est en 24/24 du lundi au vendredi, plus 10 heures le samedi" explique sur l'antenne d'Europe 1, Nicolas Brillat, directeur de l'exploitation de Valmy, société dont l'activité a été bouleversée par l'épidémie mondiale.

Cette PME, située à côté de Roanne (Loire), fabrique habituellement des masques de protection pour les professionnels de santé.

La PME Valmy est passée de 20 à 70 salariés

Pour satisfaire la demande venue du monde entier, l'entreprise a dû recruter en urgence 50 personnes, faisant passer son effectif de 20 à 70 salariés.

"On est à 150 appels reçus tous les jours de Pologne, Scandinavie, Allemagne, Mexique, Inde, Thaïlande, Australie, Philippines " explique le responsable.

Même son de cloche chez Kolmi-Hopen, PME située près d'Angers (Maine-et-Loire) et filiale du groupe canadien Medicom. Dans cette entreprise qui produit jusqu'à un million de protections par jour sur ses chaînes de production, les masques défilent au kilomètre (cf photo ci-dessous).

"Dans une période normale, on fabrique plus de 150 millions de masques médicaux par an et plus de 20 millions de masques de protection par an. Aujourd'hui, avec la demande qui est exponentielle, on aurait des demandes pour faire plus de 500 millions de masques tous confondus", explique Gérald Heuliez, directeur général de Kolmi-Hopen.
"Nous avons appelé l’inspection du travail pour passer en 5x8 et travailler le week-end" , poursuit le directeur général, interrogé par Ouest-France, il y a une dizaine de jours.

Une demande venue de Chine, Vietnam et Thaïlande

Chez Tesalys, PME créée en 2012 en Toulouse, l'ambiance est moins survoltée. Ses produits -des machines de broyage et de décontamination de déchets infectieux- ne se produisent pas par million d'unités, même si la société a été récemment sollicitée par les hautes autorités de pays asiatiques touchés par le coronavirus comme la Chine, le Vietnam ou la Thaïlande.

Avec plus de 95% de sa production exportée, depuis le lancement de ses machines "Steriplus" en 2014, Tesalys affiche déjà une forte présence à l'international.

Dans le contexte actuel marqué par l'urgence de juguler l'épidémie, ces modèles qui ne nécessitent qu'une prise électrique, une arrivée et une évacuation d'eau, s'avèrent aisés à déployer pour les autorités sanitaires.

La demande liée à l'épidémie sévissant en Asie est estimée entre 30 et 50 broyeurs-décontaminateurs de déchets médicaux, près de la moitié de production annuelle, habituellement d'une centaine de machines.

Pour être livrés en Asie, ces engins massifs (de la taille d'un très gros photocopieur) sont adaptés pour les besoins de l'épidémie de coronavirus. Celui-ci s'avérant très volatile, il a fallu notamment développer un cycle spécial de stérilisation.

La capacité de production de l'usine toulousaine pouvant atteindre 200 unités, Tesalys s'estime en mesure de faire face à la montée en puissance de la demande mondiale.

Frédéric Bergé avec AFP