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Ce que l’on sait du MALE, le drone militaire européen dévoilé à Berlin

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Ce drone cofinancé par l'Allemagne, la France, l'Italie et l'Espagne devrait être opérationnel en 2025. Prévu pour effectuer de la reconnaissance, il pourra aussi être armé pour des missions de combat.

Musique, lumière et fumigènes. Lors du salon aéronautique de Berlin (ILA) qui s’est tenu la semaine dernière, le MALE ((Moyenne Altitude Longue Endurance) a été dévoilé comme une rock star. Une manière de montrer qu’après des années, le drone est désormais sur la rampe de lancement pour concurrencer ceux de l'Américain General Atomics Aeronautical Systems et de l'Israélien IAI.

L'eurodrone est encore loin d’être opérationnel puisqu'il s’agit seulement d’une maquette à l’échelle 1. "Même s’il reste encore beaucoup à faire, cette maquette grandeur nature est une première ébauche de ce que l’Europe est capable de réaliser dans un domaine de haute technologie lorsqu’elle unit ses moyens industriels et son savoir-faire", a déclaré Dirk Hoke, CEO d’Airbus Defence and Space.

MALE est développé par Airbus Defence & Space, Dassault Aviation et Leonardo (ex-Finmeccanica) dans un projet financé par l’Allemagne (31%), la France (23%), l’Italie (23%) et l’Espagne (23%) avec aussi la Belgique comme membre observateur. Cet appareil devra être opérationnel dès 2025. Au départ, il devait servir seulement à faire du renseignement et de la surveillance, mais il pourront aussi être armé pour effectuer des frappes pilotées à distance.

Un MALE adapté selon les besoins du client

Le sujet a longtemps fait débat entre les pays partenaires du projet. Si la France y été favorable dès le départ, l’Allemagne a montré des réticences pour faire du MALE un dispositif d’attaque, comme le rappelle le site Opex360. "Les discussions avec nos partenaires allemands sont complexes. Ils n’ont pas les mêmes besoins que nous : eux entendent surveiller leur territoire, tandis que nous sommes engagés à l’extérieur…", avait souligné le sénateur Cédric Perrin, lors d’une audition du Délégué général pour l’armement, Joël Barre, en octobre 2017.

Au final, chaque pays en fera ce qu’il voudra selon ses besoins comme l’a précisé Dirk Hoke au site Defense News. "Cela dépendra des sensibilités politiques des pays utilisateurs", indique le PDG d’Airbus Defence and Space en ajoutant que les "clients pourront choisir d’installer uniquement les fonctions de reconnaissance".

Pour la France, comme l’a indiqué le ministère des Armées, ils auront "la capacité de tirer de l’armement" et remplaceront dès 2025 les drones américains MQ-9 Reaper pour devenir l’un des éléments du Scaf (système de combat aérien du futur). Dans ce cadre, ils seront connectés à des avions de chasse de nouvelle génération développés en partenariat par Dassault et Airbus, à un réseau de satellites, au système de combat de l’Otan et aux systèmes de combat terrestres et navals.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco