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Arjowiggins: la décision du tribunal reportée à vendredi

Sise à Saint-Mars-la-Briere, "La papeterie du Bourray" est l'une des trois usines d'Arjowiggins.

Sise à Saint-Mars-la-Briere, "La papeterie du Bourray" est l'une des trois usines d'Arjowiggins. - Jean-François Monier - AFP

Le tribunal de commerce de Nanterre a donné un nouveau sursis aux salariés de ces trois papeteries de la Sarthe. L'entreprise doit convaincre des investisseurs privés de la financer et éviter ainsi la liquidation judiciaire.

Le tribunal de commerce de Nanterre a de nouveau reporté sa décision, cette fois à vendredi, sur l'avenir des trois papeteries Arjowiggins menacées de fermeture, a-t-on appris mardi auprès des salariés et de leur avocat.

Le tribunal, qui devait se prononcer mardi, a donné un nouveau sursis aux salariés, a indiqué à l'AFP Thomas Hollande, avocat des salariés. "Soit on apporte des éléments jeudi soir pour dire que le projet est en bonne voie et on obtiendra (vendredi) un report de 15 jours, soit ça ne tient pas et ce sera la liquidation judiciaire", a-t-il résumé.

Mardi matin, les salariés craignaient un placement en liquidation judiciaire pour la principale usine de Bessé-sur-Braye (Sarthe) qui emploie 580 personnes, après le renoncement du seul candidat à la reprise des trois sites, le suédois Lessebo, qui n'a pas pu finaliser son offre de reprise. Les trois usines, qui appartenaient au groupe Sequana, ont été placées en redressement judiciaire le 8 janvier. En tout, elles emploient près de mille personnes.

"Trouver quinze millions d'euros de fonds privés"

"On a gagné trois jours, c'est un petit peu d'espoir, c'est une bonne nouvelle", s'est félicitée auprès de l'AFP Laurent Trudel, délégué CGT, à l'usine de Bessé-sur-Braye. "Ça nous laisse un peu de temps pour trouver des investisseurs privés, on a des pistes, il nous manque quelques millions", a-t-il poursuivi. "Il faut encore l'effort de beaucoup de monde". "On est sur un projet plus resserré sur des spécialités", a précisé Laurent Trudel: "l'enjeu désormais est 200 emplois", que "200 familles gardent leur emploi".
"Il faut maintenant trouver quinze millions d'euros de fonds privés pour pouvoir additionner quinze millions d'euros de fonds publics pour redémarrer", a déclaré la députée LaREM de la Sarthe Pascale Fontenel-Personne. "Ça ne va pas, peut-être, être fait pour vendredi, où une liquidation judiciaire peut-être prononcée", a-t-elle prévenu, estimant qu'en cas de fermeture, "les dégâts collatéraux vont être terribles".

D'autres sites industriels sont concernés

En-dehors de Bessé-sur-Braye, les deux autres sites concernés sont dans une situation différente: deux offres ont en effet été déposées pour l'usine de Greenfield à Château-Thierry (75 salariés) et une pour celle du Bourray, près du Mans (270 emplois).

Les représentants des salariés étaient sortis pessimistes de la dernière audience au tribunal de commerce de Nanterre, le 20 mars. Lundi, ils ont manifesté en gare de Vendôme (Loir-et-Cher), entraînant une interruption du trafic pendant cinq heures. 16.000 personnes ont été touchées par ce blocage.

Depuis plusieurs mois, salariés et élus se mobilisent pour alerter sur les conséquences d'une fermeture des sites dans la Sarthe, où les papeteries "représentent le principal employeur de la région".

Jean-Christophe Catalon avec AFP