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Après l'arrêt du 737 MAX, Boeing abandonne le 797 et va repartir de zéro pour son futur moyen-courrier

Des problèmes survenues lors des tests ont contraint Boeing à repousser à "début 2021", au lieu de 2020, les premières livraisons du 777X, son futur gros porteur

Des problèmes survenues lors des tests ont contraint Boeing à repousser à "début 2021", au lieu de 2020, les premières livraisons du 777X, son futur gros porteur - -

L'avionneur a décidé de repartir à zéro pour son nouveau moyen courrier qui devait remplacer les 757 et 767.

Alors que son Boeing 737 MAX ne devrait pas revoler avant la deuxième moitié de cette année, l'avionneur américain connaît de nouvelles turbulences.

Le géant a ainsi décidé de reprendre complètement son projet d'avion moyen-courrier NMA (new market airplane) de 220 à 270 sièges (qui aurait été baptisé 797 selon la presse) censé remplacer les 757 et 767 dont le développement avait été retardé par la crise du 737 MAX. Un projet lancé il y a deux ans et demi.

David Calhoun, le nouveau PDG, estime que "les choses ont changé" et demande aux ingénieurs de "retourner à la planche à dessin", selon des propos rapportés par Flightglobal. Par "les choses ont changé", le patron de la firme évoque sans la nommer la concurrence des nouveaux Airbus A321neo et A321XLR lancé lors du dernier salon du Bourget.

L'arrêt du 737 MAX coûte une fortune

Il s'agit désormais pour les équipes "de faire une évaluation du futur marché et du type d’avion nécessaire pour répondre au futur marché", en s’appuyant sur "ce qui a été appris" depuis le début du projet NMA il y a deux ans et demi.

Autre raison, le coût du dossier 737 MAX évalué à 10 milliards de dollars qui force l'avionneur à un certain arbitrage. "Nous n'abandonnons pas l'avenir, mais toute mon attention et celle de l'équipe de direction doit être consacrée au retour en vol du Max", souligne ainsi David Calhoun.

Cet avion (le 797) est néanmoins stratégique puisque au départ Boeing tablait sur une demande à long terme d’environ 4.000 à 5.000 appareils au total.

Un report du vol inaugural du 777X qui tombe mal

Autre tuile pour Boeing, bien que moins grave, le retard du vol inaugural du 777X. Le groupe comptait sur le vol pour redorer un peu son blason, gagner en crédibilité et montrer qu'il reprend la main. C'est raté.

Cette fois, l'avionneur n'y est pour rien puisque ce report est dû à une mauvaise météo. Mais dans le contexte actuel, l'annonce est mal passée. Reste que ce vol pourrait avoir lieu ce vendredi soir (heure de Paris) si les conditions dans le ciel de Seattle le permettent.

Rappelons par ailleurs que le vrai premier vol de cet avion était initialement prévu l'été dernier mais avait dû être déjà repoussé en raison de problèmes avec le nouveau moteur GE9X, fabriqué par General Electric, et de difficultés avec les ailes et la validation des logiciels.

Airbus en embuscade sur le long-courrier

Le 777X doit aussi permettre à Boeing de consolider son leadership sur les vols long-courrier. Il peut transporter de 384 à 426 passagers.

Reste que les premières livraisons ne sont pas attendues avant "début 2021", au lieu de mi-2020 comme prévu initialement, car la période des vols d'essai devrait être allongée et la procédure d'homologation approfondie. A ce jour, il a reçu 309 commandes fermes de la part de différentes compagnies aériennes.

En attendant, l'européen Airbus qui est passé devant son concurrent en 2019 en termes de livraisons grâce à son succès dans le moyen-courrier avec les A320 Neo, entend également titiller Boeing sur le long courrier avec la nouvelle version de l'A321, capable de parcourir jusqu'à 8.700 kilomètres.

Olivier Chicheportiche avec AFP