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Airbus annonce la fin de l'A380

Le constructeur met un terme à son programme de très gros porteur A380, faute de commandes. Le dernier exemplaire sera livré en 2021.

Depuis son lancement il y a douze ans, l'A380 n'a jamais rencontré le succès escompté. Airbus arrête la production de son vaisseau amiral, a annoncé Tom Enders dans un communiqué ce jeudi 14 février. Une décision prise après que la compagnie Emirates, l'un des principaux clients pour ce programme, a décidé de réduire ses commandes de 39 A380.

"La conséquence de cette décision est que notre carnet de commandes n'est plus suffisant pour nous permettre de maintenir la production de l'A380, a déclaré Tom Enders dans un communiqué. Cela mettra un terme aux livraisons d'A380 en 2021". Au delà de cette date, Airbus continuera d'assurer le support de la flotte d'A380.

"Non seulement l’A380 est une prouesse technologique et industrielle, mais les passagers du monde entier adorent voler à bord de ce formidable appareil. L’annonce de ce jour est douloureuse pour nous et les communautés A380 dans le monde entier", a ajouté Tom Enders. 

Une décision attendue

Une décision qui va avoir des conséquences sur l'emploi. L'avionneur européen va engager des discussions avec ses partenaires sociaux dans les semaines à venir concernant les 3000 à 3500 postes susceptibles d'être affectés par cette décision dans les trois prochaines années.

Toutefois, Emirates a remplacé la commande d'A380 par une autre pour 40 A330neo et 30 A350. L'actuelle montée en cadence de l'A320 et cette nouvelle commande de gros-porteurs d'Emirates offriront de nombreuses possibilités de mobilité interne, ajoute le constructeur aéronautique.

Cette décision était attendue. Boudé par les compagnies, le programme avait été maintenu en vie depuis ces trois dernières années grâce à un ralentissement du rythme de production passé à un exemplaire par mois en 2018 contre 27 au total en 2015.

Le sort de l'A380 était lié à la décision l'an dernier de la compagnie du Golfe d'acquérir 36 A380 supplémentaires, ce qui donnait à Airbus "une visibilité pour au moins les dix ans à venir", avait assuré Tom Enders à l'époque. Mais Airbus ne s'était pas caché qu'en l'absence de cette commande, le programme était voué à s'arrêter.

Le "Super Jumbo", conçu pour relier des hubs, n'a pas résisté à la concurrence de nouveaux gros porteurs, des bi-réacteurs long-courrier comme le 787 de Boeing. Airbus a répliqué avec son A350, plus faciles à remplir et plus rentables.

La valeur au prix catalogue du vaisseau amiral du constructeur européen est de 445,6 millions de dollars

Coralie Cathelinais avec agences