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Frank Ribuot (Randstad France): "Le manque de main d’œuvre freine la reprise économique"

Sur BFM Business, Frank Ribuot (Randstad France) constate bien une reprise d'activité, mais aussi des tensions liées à l'emplois. Certaines compétences manquent alors que les salariés s'interrogent sur leur avenir professionnel.

Selon la Dares, le marché de l'emploi est reparti en flèche dès la sortie de la crise sanitaire mais de nombreux postes restent vacants faute de candidats. Frank Ribuot, président du groupe Randstad France, confirme que le retour d'activité est plus complexe que prévu avec des restructurations industrielles, des salariés en réflexion sur leur parcours ou le télétravail qui s'impose dans de nombreux secteurs.

On a des tensions sur des bassins d'emplois. À Toulouse, la restructuration d'Airbus a eu des effets de chaîne sur l'ensemble du secteur. On a la même chose dans l'Est de la France avec l'automobile. Il y a aussi des tensions dans tous les secteurs industriels", indique à BFM Business Frank Ribuot.

Autre problème, le recrutement. Si les besoins sont réels, de nombreux professionnels ont décidé de changer de carrière durant la crise. Dans l'hôtellerie/restauration, 140.000 salariés ont changé de métier.

Il y a des difficultés à trouver de la main d'œuvre. Les employeurs doivent souvent recruter du personnel moins expérimenté ou issu d'un autre secteur. Les transitions de secteur à secteur ou de métiers à métiers, sont difficiles", constate Frank Ribuot.

Une difficulté à se projeter pour les entreprises

La pénurie de matières premières ajoute à la difficulté de se projeter.

C'est un gros sujet. Les entreprises ont du mal à déterminer leur besoin qui dépend de leur capacité de production. La réactivité devient très importante d'où le recours à l'intérim ou aux free-lance".

Pour le patron de Randstad France, les entreprises doivent former bien plus qu’elles ne le faisaient auparavant.

L'an dernier, nous avons fourni 35.000 formations. On voudrait monter à 45.000 cette année pour aider la population active à trouver le bon emploi", explique Frank Ribuot.

Enfin, la crise sanitaire a imposé le télétravail comme une norme dans de nombreux secteurs d'activité. Ce mode devient un argument d'attractivité pour des entreprises en recherche de compétences.

Seuls 20% des gens peuvent travailler à distance entre 3 et 5 jours et 20% peuvent télétravailler un jour par semaine. Le reste ne peut pas du tout travailler à distance. Ça demande aux employeurs d'analyser chaque métier pour savoir s'ils peuvent ou non être réalisés à distance et à quel niveau. C'est extrêmement complexe".
Pascal Samama
https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco