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Total veut s'impliquer indirectement dans la lutte contre le dégazage

Ecoslops s'installe dans les principaux ports pour recycler et raffiner ses hydrocarbures au plus près des navires. (image d'illustration)

Ecoslops s'installe dans les principaux ports pour recycler et raffiner ses hydrocarbures au plus près des navires. (image d'illustration) - Boris Horvat - AFP

Spécialiste de la production de carburant à partir des déchets pétroliers dont les armateurs ne savent que faire, Ecoslops s'est rapproché du groupe Total pour installer, à proximité du port de Marseille, sa première unité de recyclage en France.

Ecoslops va enfin produire son carburant maritime en France. Au plus près de ses fournisseurs et de ses clients. Le groupe pétrolier Total indique dans un communiqué avoir signé avec la cleantech française un accord prévoyant l'implantation d'une unité de régénération de résidus d'hydrocarbures issus du transport maritime sur le site en pleine reconversion de la raffinerie Total de La Mède (Bouches-du-Rhône). 

"Cet accord concrétise les études techniques et commerciales engagées l’an dernier, suite à la signature du protocole d’accord en septembre 2016" précise la major pétrolière. Comme le souligne l'AFP, Ecoslops construira et opérera cette unité de micro-raffinage, dont les travaux de construction devraient démarrer au deuxième trimestre 2018, pour une mise en service à la fin de cette année-là. De son côté, Total fournira à la société des prestations de service. 

Donner une seconde vie aux boues maritimes 

Fondée en 2009 par Michel Pingeot, l'ex-PDG de Heurtey Petrochem, avec l'un des ses amis, Jean-Claude Company, ancien patron du pôle Raffinage de Total, la cleatech Ecoslops produit du carburant et du bitume léger à partir de résidus d'hydrocarbures maritimes.

Concrètement, la société récupère dans les ports -notamment à Sinès, le premier port du Portugal- les "slops" c'est-à-dire des déchets maritimes pour les transformer en combustible. Il s'agit de boues provenant des salles de machines des navires, des lavages des cuves des pétroliers et des eaux polluées de fonds de cale. Une matière abondante qu'il est interdit de rejeter en mer et que les armateurs ont obligation de la collecter.

Invité de BFM Business en mars 2015, lors de l'introduction en Bourse d'Ecoslops, Michel Pingeot (alors PDG de l'entreprise) expliquait que la mission de la société consiste à "collecter (les slops) dans les ports, séparer les hydrocarbures de l'eau et des sédiments, traiter les eaux résiduelles, distiller (les matières récupérées) et revendre le nouveau carburant marin obtenu" aux armateurs.

Il précisait alors que "sur 60.000 tonnes de résidus collectés dans le port de Sinès ou dans ceux environnants, Ecoslops a traité 30.000 tonnes dans l'unité de Lisbonne. Produisant en sortie 80% de carburant marin, 3% de combustible pour le four de réchauffage et 17% de résidus". 

Des projets lancés au Pays-Bas et en Égypte 

En marge de la signature de ce partenariat avec Total, l'entreprise a levé le voile sur ses projets futurs. Elle souhaite installer prochainement un micro-raffinerie dans le port d'Anvers (Pays-Bas). Cet investissement, évalué à une quinzaine de millions d'euros, "d'une capacité minimum de 60.000 tonnes par an permettra de régénérer les résidus collectés dans la zone Amsterdam-Rotterdam-Anvers" indique Vincent Favier, l'actuel PDG de l'entreprise dans un communiqué. 

Ecoslops envisage également de se développer en Égypte. Selon Les Échos, l'entreprise serait en négociation avec la société du Canal de Suez pour créer une installation de 30.000 tonnes à Port Saïd. 

Antonin Moriscot Journaliste BFMTV