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Prix à la pompe : la marge de manoeuvre des pétroliers est limitée

Un rapport de la DGCCRF montre que la rentabilité des distributeurs a été rognée ces dernières années.

Un rapport de la DGCCRF montre que la rentabilité des distributeurs a été rognée ces dernières années. - -

Le gouvernement a promis une baisse des prix de l'essence dès cette semaine. Il espère obtenir un effort de la part des distributeurs. Mais un rapport de la Répression des Fraudes publié, dimanche 26 août, montre que la marge de manœuvre des industriels du secteur est très limitée.

Le gouvernement entame, ce lundi 27 août, deux jours de discussions sur la baisse des prix à la pompe avec les associations de consommateurs, les industriels du secteur et la grande distribution. Il va en profiter pour dévoiler l’ensemble de son dispositif pour contrer l’augmentation des prix des carburants. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a, d’ores et déjà, annoncé une baisse des taxes "modeste et provisoire".

Le gouvernement compte également solliciter les industriels du secteur. Toutefois, sur ce point, les possibilités d'action semblent restreintes. En effet, la marge nette réalisée par les pétroliers sur les carburants ne dépasserait pas un centime d’euros par litre d'essence, selon un rapport de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF), publié dimanche par la Tribune.

L'étude de la DGCCRF, datée du 10 avril, montre que la rentabilité des distributeurs a été rognée ces dernières années. D’un côté, par une longue liste de nouvelles réglementations et de taxes comme les normes environnementales, l’augmentation de la taxe générale sur les activités (TGAP) ou encore la hausse de la redevance sur les concessions d'autoroutes.

La concurrence de plus en plus violente de la grande distribution

Et d’un autre côté, par la concurrence de plus en plus violente de la grande distribution. Dans l'immédiat, à en croire Michel-Édouard Leclerc, celle-ci ne semble pas sur le point de s’adoucir. "Nous allons mettre tous nos carburants à prix coûtant pendant tout le mois de septembre", a annoncé, ce lundi, le président des centres Leclerc sur l'antenne de RTL.

La DGCCRF écarte également les soupçons de spéculations sur les stocks qui pesaient sur les pétroliers. En effet, les capacités de stockage des distributeurs sont tout simplement trop faibles pour qu'il y ait un impact sur les prix. Les pétroliers, souvent accusés de ne pas répercuter les baisses des cours du brut aussi rapidement que les hausses, sont également blanchis par le rapport de la Répression des Fraudes.

Simon Tenenbaum et BFMbusiness.com