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Nicolas Hulot juge l'abandon de l'écotaxe "antidémocratique"

Nicolas Hulot appelle à déplacer certaines taxes qui pèsent sur l'emploi.

Nicolas Hulot appelle à déplacer certaines taxes qui pèsent sur l'emploi. - Jean-Pierre Muller - AFP

L'envoyé spécial du président pour la protection de la planète estime que, sans "une réforme intégrale de la fiscalité", "aucun dossier écologique ne passera jamais".

La figure de proue de l'écologie française juge sévèrement l'abandon de l'écotaxe. "Cela entraînera l'ajournement de nombreux projets dans le transport durable", déplore Nicolas Hulot dans une interview donnée aux Echos, ce mercredi.

Dans la nuit de lundi à mardi, les députés avaient en effet définitivement abandonné l'idée du "péage de transit" dans le budget 2015, une mesure qui était déjà une version allégée de l'écotaxe.

"Lever les taxes qui pèsent sur l'emploi et les déplacer"

Selon Nicolas Hulot, avec la stratégie actuelle du gouvernement, "aucun dossier écologique ne passera jamais". Il propose donc "une réforme intégrale de la fiscalité": au lieu d'ajouter de nouvelles taxes écologiques, elles devraient remplacer des taxes existantes.

"Il faut lever les taxes qui pèsent sur l'emploi et les déplacer sur les activités qui ont un impact environnemental négatif, sur les prélèvements de ressources naturelles et énergétiques", assène-t-il, en prenant pour exemple les pays du Nord de l'Europe, dont l'économie aurait été "dynamisée" grâce à des mesures similaires.

La loi sur la transition énergétique "redonne une crédibilité à la France"

En revanche, Nicolas Hulot, qui reste envoyé spécial du président pour la protection de la planète, reconnaît l'importance de la taxe carbone, qui "rapportera bien plus que l'écotaxe". Dans l'ensemble, il estime que la loi sur la transition énergétique "redonne à la France une forme de crédibilité en Europe dans ce domaine".

Le projet de loi de Ségolène Royal a été adopté par l'Assemblée nationale mardi 14 octobre. Le gouvernement espère que cette loi permettra de rénover 500.000 logements par an pour diminuer leur consommation d'énergie. La part du nucléaire dans l'énergie française devrait passer à 50% d'ici à 2025, comme l'avait promis François Hollande.

Sur le climat: la France "fait très bien le job"

Au sujet du nucléaire, Nicolas Hulot espère que la baisse de la part du nucléaire "s’opère prioritairement sur des critères indépendants de sécurité et non pas sur des critères purement symboliques", et fait confiance à l'autorité de sûreté pour juger de la dangerosité de la centrale de Fessenheim.

Autre bon point pour le gouvernement: selon lui, la France "fait très bien le job" en ce qui concerne la conférence mondiale sur le climat, qui aura lieu à Paris en 2015. Lors de la réunion de préparation à New York, la France a annoncé qu'elle verserait un milliard de dollars (787 millions d'euros) au fonds de lutte contre le réchauffement climatique. Seule l'Allemagne a versé une somme aussi importante.

J.S