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Le réchauffement climatique pourrait protéger la flore des sécheresses

Selon une étude américaine, le changement climatique rend moins sensibles les végétaux à la sécheresse. (image d'illustration)

Selon une étude américaine, le changement climatique rend moins sensibles les végétaux à la sécheresse. (image d'illustration) - chillervirus – Pixabay – CC

Selon des scientifiques américains, les effets de la sécheresse sur les végétaux pourraient être, en partie, atténués par ceux du réchauffement climatique.

Publiée dans les Comptes-rendus de l’académie américaine des sciences (PNAS), une étude modifie les hypothèses avancées jusqu’alors par la communauté scientifique pour expliquer l’impact du changement climatique sur l’agriculture, les ressources en eau, la croissance des plantes et les risques d’incendies en forêts.

D'après ses auteurs, une augmentation du dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère, responsable du réchauffement climatique, réduirait les besoins en eau des végétaux. Ces derniers deviendraient alors moins sensibles à la sécheresse.

Les sécheresses seront plus fréquentes à l'avenir

Or, selon les plus récents travaux scientifiques, plus de 70% de la planète connaîtra davantage de sécheresse avec le quadruplement des niveaux de dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère au cours des cent prochaines années, comparativement à l’ère pré-industrielle. Mais pour les chercheurs de l’Université de Californie à Irvine (UCI)en prenant en compte la diminution des besoins en eaux des végétaux résultant de l’accroissement du CO2 atmosphérique, cette proportion tombe à 37%. 

L'étude menée par James Randerson et Abigail Swann montre que dans le centre de l’Afrique, dans les régions tempérées d’Asie (y compris en Chine), au Proche-Orient, en Asie de l’Est et dans la plus grande partie de la Russie, l’eau conservée par les plantes compensera largement les sécheresses dues au réchauffement climatique. Inversement, la diminution attendue des précipitations va accroître le nombre des sécheresses dans le sud du continent nord-américain, le sud de l'Europe et le nord-est de l'Amérique du Sud. 

Les chercheurs dénoncent une "équation ignorée" par leurs pairs

"Cela montre que l’évolution des besoins en eau des plantes aura un impact important sur les réserves en eau et cette partie de l’équation a été ignorée dans de nombreuses études hydrologiques et sur les sécheresses" souligne James Randseron, professeur à l’UCI, auprès de l'AFP. 

"Nous ignorons beaucoup de choses sur l’impact des sécheresses avec des températures très chaudes" pointe ainsi Abigail Swann, professeur adjointe de sciences atmosphériques et de biologie à l’Université de Washington.

Antonin Moriscot