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Le prix des carburants outre-mer fait toujours débat

Les pompistes s'inquiètent d'une répercussion du décret sur leur activité.

Les pompistes s'inquiètent d'une répercussion du décret sur leur activité. - -

Le gouvernement va publier un décret pour réduire les marges des pétroliers dans les DOM, le 1er janvier prochain, et faire ainsi baisser les prix. Cette décision est vivement contestée, et les groupes concernés ont claqué la porte des négociations.

La situation ne s’améliore pas dans les départements d’outre-mer (DOM). Dans le cadre d’une lutte contre la vie chère, le gouvernement avait annoncé il y a plusieurs mois des mesures pour faire diminuer les marges des pétroliers, en situation de monopole sur ces territoires.

Mais la réunion de concertation entre les grands fournisseurs de pétrole et le ministre des Outre-mer, Victorin Lurel, s’est soldée par un échec, mercredi 18 décembre.

Jusqu'à 21% de marges

Le texte, en préparation depuis six mois, doit entrer en vigueur au 1er janvier, après avoir été validé par l’Autorité de la concurrence et le Conseil d’Etat. Il devrait permettre de faire baisser les prix à la pompe. Outre-mer, les marges des groupes pétroliers sont comprises entre 14% et 21%, contre 10 à 12% en métropole. En cause, des situations de monopoles.

Aux Antilles et en Guyane, le consortium SARA, qui regroupe Total, Rubis et Esso, assure l’approvisionnement. Pour la Réunion, c’est la SRPP qui réunit Total et Shell, qui fournit les carburants. Enfin, à Mayotte, Total est le seul sur le marché.

Inquiétude chez les pompistes

Désormais, les pétroliers, qui demandent un report du décret, ont lancé un appel au Premier ministre pour poursuivre les négociations. Ils dénoncent un manque d’information sur les mesures qui seront prises pour faire baisser les prix des carburants.

"Les incertitudes que le ministre refuse de lever provoquent de légitimes inquiétudes et des tensions dans toute la filière", ont-ils défendu. De son côté, le ministre des Outre-mer a déclaré que sa "porte était ouverte" si les pétroliers voulaient poursuivre les négociations.

Les stations-service, qui emploient quelque 3.600 personnes dans les départements d’outre-mer, s’inquiètent d’une répercussion si les compagnies pétrolières tentent de conserver leurs marges à leurs dépens. Les pompistes ont mené plusieurs grèves au cours de ces derniers mois, pour protester contre le décret.

A.D. avec AFP