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Le patron de Tesla veut une taxe carbone contre la fracturation

Tesla vise un production de voitures électriques, ici son modèle S,  à plusieurs millions d'exemplaires d'ici 2025.

Tesla vise un production de voitures électriques, ici son modèle S, à plusieurs millions d'exemplaires d'ici 2025. - Eric Piermont - AFP

Elon Musk mise plus que jamais sur le "tout électrique". Il a plaidé mardi soir à Détroit pour une taxe carbone et contre la fracturation hydraulique afin d’accélérer l’électrification, inéluctable selon lui, du parc automobile.

C’est à l’occasion d’une conférence en marge du Salon automobile de Détroit que le patron de Tesla a plaidé pour une taxe carbone et contre la fracturation hydraulique. Elon Musk a ajouté que la baisse actuelle du prix risquait de ralentir le développement des véhicules électriques, tout en assurant que ce phénomène n’aurait pas d’effet sur les ventes de ses modèles pour l’instant orientés vers le haut de gamme. 

Entrepreneur d’origine sud-africaine connu pour ses succès dans l’automobile et l’industrie spatiale privée après avoir fait fortune grâce à la compagnie de paiement sur internet Paypal, Elon Musk a mis en garde contre la fracturation hydraulique, susceptible de faire baisser durablement le prix du brut mais également synonyme de "dégâts potentiels bien plus importants sur le climat".

"Je pense que nous allons vraiment regretter les quantités de carbone que nous émettons", a-t-il déclaré, en estimant que "si nous pouvons électrifier (les voitures) plus vite, le monde s'en portera bien mieux".

Taxe carbone pour les pollueurs 

Ardent lobbyiste d’une taxe carbone, Elon Musk souhaite favoriser la vente de ses berlines électriques Model S.

Aujourd'hui intéressé par le réchauffement climatique, il estime que la généralisation d’une taxe carbone pour faire payer les pollueurs serait une marque de responsabilité.

Intervenant lors d'un colloque organisé au Renaissance Center, siège de General Motors au centre de Detroit, Elon Musk a également salué l'annonce la veille par le géant automobile de la commercialisation en 2017 d'un véhicule 100% électrique, la "Bolt", dotée d'une autonomie de 320 km.

Ces ambitions ont été interprétées comme une façon pour le constructeurs automobile américain General Motors de contrer la future "Model 3", la voiture plus petite et meilleure marché promise par Elon Musk, après la berline "Model S" actuellement en vente et le "crossover Model X" enfin attendu cet été après plusieurs faux départs.

Le lobbyiste d’une taxe carbone critique l'hydrogène

Quelques heures après que Honda eut présenté au salon de Detroit sa nouvelle voiture à hydrogène, dans la foulée d'autres constructeurs comme Toyota, Elon Musk n'a pas mâché ses mots contre cette technologie à ses yeux "particulièrement idiote".

Il a fait valoir que la production d'hydrogène consommait elle-même beaucoup d'énergie. "Si on le compare à un panneau solaire pour recharger directement une batterie, c'est moitié moins efficace" a-t-il remarqué. N’ayant qu’une usine en Californie, Tesla prévoyait de produire quelque 37.000 véhicules en 2014 "mais nous en avons vendu beaucoup plus", la liste d’attente étant longue, a expliqué l’entrepreneur, en refusant systématiquement de donner des chiffres précis de production et de vente. 

L’ambition de Tesla 

Elon Musk a affirmé à propos de la Bolt ne pas la considérer "comme une concurrence menaçante, parce que je pense qu'à terme, toutes les voitures deviendront électriques", a-t-il lancé. Il a toutefois relevé que la "Model 3" serait légèrement moins chère que la Bolt, à 35.000 dollars contre 37.000 évoqués pour la Chevrolet. 

Il a aussi estimé que d'ici à 2020, son entreprise serait en mesure de produire un demi-million de voitures électriques en rythme annuel, ainsi que de dégager enfin des bénéfices nets, alors que toutes ses liquidités passent actuellement dans la recherche et la montée en charge de la production. Il a évoqué "plusieurs millions" de Tesla sortant par an à l'horizon 2025. D'ici là, la présence de voitures meilleur marché qu'actuellement dans la gamme aura rendu nécessaire l'installation d'usines en Europe et en Chine, et peut-être même "plus près de la côte Est" des Etats-Unis pour limiter les frais de livraison, a-t-il indiqué.

Enfin, Elon Musk a indiqué que la priorité de son entreprise n'était pas pour l'instant aux partenariats avec d'autres groupes automobiles, mais il n'a pas exclu de fournir à terme à d'autres constructeurs les batteries qui seront produites dans l'énorme usine Tesla-Panasonic en cours de construction au Nevada (ouest).

Il a également indiqué que la priorité de son entreprise n’était pas pour l’instant aux partenariats avec d’autres groupes. 

Khadria Fouad-Djama avec AFP