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La hausse des prix alimentaires inquiète

Les prix alimentaires devraient continuer à augmenter

Les prix alimentaires devraient continuer à augmenter - -

L'envolée des prix alimentaires devrait se poursuivre. Le Fonds monétaire international et la Banque mondiale demandent aux Etats de s'y préparer.

Devons-nous redouter une crise alimentaire mondiale ? Le président de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), Xavier Beulin, confirme une crainte présente : "la volatilité des prix agricoles se traduira nécessairement par un certain nombre de hausses des produits alimentaires pour les consommateurs".

La semaine dernière, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale conseillaient aux Etats de se préparer à une éventuelle poursuite de la hausse des prix alimentaires au cours des prochains mois. L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a, elle, demandé lundi aux pays du G20 de se mettre d'accord sur une action coordonnée pour apaiser les tensions sur les prix alimentaires. L’indice des prix des produits alimentaires de la FAO a en effet bondi de 6% en juillet.

Sécheresse aux Etats-Unis

Les raisons de cette flambée sont nombreuses. Parmi elles, la pire sécheresse qu'aient connu les Etats-Unis depuis un demi-siècle, et de mauvaises récoltes dans la région de la mer Noire explique en partie l’augmentation des cours du maïs, du blé et du soja.

Pour Mark Sadler, responsable de la gestion des risques agricoles à la Banque mondiale, "le problème de la volatilité persistera tant que nous ne produirons pas davantage de produits alimentaires et que nous n'augmenterons pas nos réserves. Le système alimentaire est plus durement secoué parce que nous ne disposons pas de réserves qui nous assureraient des stocks importants."

Une crise probable mais évitable

Mais risquons-nous une crise comme celle de 2007-2008 ? Pour Jürgen Vögele, directeur du département de l'Agriculture et du développement rural à la Banque mondiale, "nous n’en sommes pas à ce stade". Les tensions inflationnistes globales sont moins importantes qu'en 2007-2008 et les cours des produits pétroliers, eux, ont reculé. "Le monde est mieux préparé à une envolée des prix alimentaires, la crise de 2007-2008 ayant conduit à une augmentation des investissements dans l'agriculture et à une transparence accrue des prix, deux facteurs qui permettent aux Etats de mieux anticiper et de mieux gérer d'éventuels chocs sur les prix", explique aussi Jürgen Vögele.

Pour autant, "nous ne pouvons pas prédire le temps qu'il fera et si quelque chose d'extraordinaire se produisait, nous pourrions nous trouver de nouveau dans une situation difficile", nuance Jürgen Vögele.

La FAO rappelle aussi que la tentation des restrictions à l'export et des achats massifs "panique " n’ont fait qu'entretenir la flambée des cours il y a quatre ans. Son président, José Graziano da Silva appelle à la régulation des marchés financiers pour protéger les pays les plus pauvres, mais aussi à soutenir "la production locale" car elle "permet de réduire la dépendance vis-à-vis des marchés internationaux".

Diane Lacaze et AFP et Reuters