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La Cour des comptes estime qu'EDF paye trop d'heures sup' à ses agents

La Cour des comptes souhaite un renforcement du contrôle du temps de travail des salariés du groupe EDF.

La Cour des comptes souhaite un renforcement du contrôle du temps de travail des salariés du groupe EDF. - -

Les sages de la rue Cambon ont pointé des dysfonctionnements dans l’organisation du temps de travail au sein du groupe EDF. Elle préconise la refonte du système de calcul des heures supplémentaires, et la mise en place d’un outil pour contrôler les horaires.

La Cour des Comptes souhaite que les entreprises du groupe EDF (EDF, SA, RTE et ERDF) remettent à plat leur organisation du travail. Dans un référé, rendu public le 16 septembre, elle pointe du doigt un manque de productivité des quelque 105.000 salariés du groupe.

En 2011, les agents de EDF ont effectué 1.548 heures dans l'année, ceux de RTE 1.500 heures alors que le temps de référence dans les industries électriques et gazières s’élève à 1.570, et que celui inscrit dans le droit du travail est de 1.607 heures.

C’est notamment l'une des conséquences de "la mosaïque complexe d’accord locaux" conclus sur l’aménagement du temps de travail, conduisant à la création de cycles horaires très différents, avec des compensations de natures variées, le tout sans unité au sein des entités ni même des métiers, commente la Cour.

Aujourd’hui, "les principes fondateurs [de ces accords, NDLR] ne sont plus complétement adaptés aux enjeux industriels des entreprise", juge-t-elle.

Un montant d'heures supplémentaires "exorbitant"

D’autant que ce système conduit à une aberration : le paiement d’un nombre d’heures supplémentaires "exorbitant". En 2010, un agent EDF effectuait 72 heures supplémentaires, un agent ERDF 53 heures et enfin un agent RTE 27 heures.

Car leur décompte ne se base pas sur le durée du travail hebdomadaire ou même celui d’un cycle, ce "ui serait du droit commun" explique la Cour, mais au-delà de l’horaire programmé pour la journée. De plus, les agents bénéficient d’un système avantageux de majoration en cas d’heures effectuées à certaines périodes de la semaine ou encore la nuit.

Les Sages estiment donc qu’une réflexion doit être menée sur le calcul, l’origine et le montant des heures supplémentaires ainsi qu’un meilleur encadrement des activités d’astreintes.

Enfin, la Cour des comptes fait la promotion du bon vieux système de pointage. Elle s’étonne qu’aucun outil de décompte du temps de travail ne soit en place " alors que les accords internes prévoient que le temps de travail est décompté et payé à l’heure". Une tâche de contrôle qui est pour l'heure dévolue au chef d’équipe.

C.C