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L'autonomie des futures Nissan électriques devrait atteindre 600 km

Avec près de 200.000 véhicules électriques vendus depuis 2010, Nissan est leader du marché.

Avec près de 200.000 véhicules électriques vendus depuis 2010, Nissan est leader du marché. - Kārlis Dambrāns - Flickr - CC

"Leader mondial du marché des véhicules électriques, le constructeur nippon songe à remplacer dès 2020 les batteries de ses modèles par une pile à combustible fonctionnant au bioéthanol. "

Arrivé en 2010 sur le marché des véhicules électriques avec sa berline Leaf, Nissan s’est rapidement imposé comme leader. Fin 2015, le constructeur nippon, qui commercialise aussi le ludospace électrique e-NV200, a annoncé avoir vendu plus de 220.000 voitures propres dans le monde. 

L'allié japonais de Renault réfléchit désormais au renouvellement de sa gamme afin d’attirer toujours plus de clients. Des automobilistes hésitant parfois à basculer dans la mobilité durable en raison de l’autonomie limitée des modèles zéro émission. 

Pour pallier ce problème, Nissan entend doter en 2020 ses futurs véhicules électriques d’une pile à combustible afin de leur offrir une autonomie "comparable à celle d’une voiture essence". Soit 600 kilomètres environ, pour un "coût de fonctionnement moindre". Fonctionnant habituellement grâce à de l'hydrogène, les piles à combustibles sont déjà utilisées par plusieurs modèles concurrents (Toyota Mirai, Honda Clarity, Hyundai ix35 Fuel Cell, ...).

Pour se distinguer des autres constructeurs, le géant nippon a donc mis au point un système moins contraignant qui fonctionne grâce au bioéthanol. Un carburant produit à partir de la canne à sucre ou de céréales comme le blé ou le maïs. 

La simplicité d'utilisation mise en avant

Le principe de fonctionnement de la pile à combustible présentée par le constructeur est extrêmement simple, comme le montre le schéma ci-dessous. Le conducteur a juste besoin de faire le plein d'éthanol (soit à 100%, soit mélangé avec de l'eau).

Un appareil, placé en amont de la pile à combustible à oxyde solide (SOFC) transforme alors ce carburant en hydrogène. L’hydrogène est ensuite mélangé avec l’oxygène contenu dans l’air pour obtenir par réaction électrochimique qui produit alors de l’électricité. Ce qui permet au véhicule d’avancer.

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Contrairement à l’hydrogène, l’utilisation de l’éthanol offre plus de souplesse à l’automobiliste. Les infrastructures qui commercialisent ce carburant existent, ce qui n'est pas encore le cas pour celles distribuant l’hydrogène.

Conquérir de nouveaux marchés 

Nissan met également en avant le caractère plus écologique de sa solution. Le constructeur, qui parle de "cycle carbone neutre" estime que les émissions de dioxyde de carbone (CO2) dégagées au cours du processus de transformation de l'éthanol en électricité sont compensées par la culture de la canne à sucre et des céréales. Des végétaux qui, grâce à la photosynthèse, absorbent le CO2 en grande quantité au cours de leur croissance.

Grâce à cette nouvelle technologie, la firme piloté par Carlos Ghosn pourrait également conquérir de nouveaux marchés. À commencer par l’Amérique du Sud, où les automobilistes roulent volontiers à l’éthanol, mais ne peuvent se déplacer en véhicules électriques. Faute de modèles commercialisés sur ce territoire.

Antonin Moriscot Journaliste BFMTV