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Gérer ses appareils électriques: les Français encore peu concernés

Pour mieux contrôler sa facture d'électricité, des "smart energy box" permettent de suivre sa consommation.

Pour mieux contrôler sa facture d'électricité, des "smart energy box" permettent de suivre sa consommation. - -

Le débat sur la transition énergétique a mis en avant l'importance de mieux contrôler nos consommations. C'est ainsi que l'on voit apparaître les Smart Energy Boxes, des offres qui permettent de suivre et piloter à distance les appareils électriques et leur consommation.

Electrabel, filiale de GDF-Suez en Belgique avait ouvert la voie en 2012 avec son chien énergivore Kito qui, en l’absence de ses maîtres, faisait fonctionner tous les appareils électriques. On peut citer la Butabox de Butagaz ou encore la box Bouygues Telecom en partenariat avec Ijenko qui permet le suivi et le contrôle énergétique de l’habitation.

Tout le monde est sur les rangs: les énergéticiens, comme EDF, GDF, les fournisseurs d’accès à Internet, les acteurs de la gestion de l’énergie de la domotique, les spécialistes des matériels électriques, les acteurs de la grande distribution tel Castorama, ou encore les acteurs spécialisés dans la télésurveillance comme EPS.

Au total Alcimed recense dans son étude une vingtaine d'offres. Il peut aussi bien s'agir de boxes proposant principalement des fonctionnalités de gestion active de l'énergie que des systèmes à vocation domotique qui intègrent des fonctionnalités de gestion de l’énergie. De quoi avoir du mal à s'y retrouver.

Au final, le nombre d’utilisateurs de ce type d’équipement ne dépasserait pas les quelques milliers. "Le marché reste donc très marginal et pourtant il est au coeur du débat sur la transition énergétique", explique Jean-Philippe Tridant Bel, directeur de l’Activité Energie-Environnement du cabinet de conseil Alcimed.

Avantageux pour ceux qui ont des convecteurs électriques

"Les modalités de calcul ne sont pas très claires pour les utilisateurs qui ne voient pas encore l'intérêt économique". "C'est pourquoi les fabricants doivent se montrer beaucoup plus pédagogues et pratiques", ajoute Romain Petit, responsable de mission Équipe Énergie Environnement.

Les offres ne sont finalement pas assez "smarts" ni personnalisées, ce qui perd les Français. A l'heure actuelle, le prix de l'électricité reste encore peu élevé en France aux regards de ses voisins. Mais "les habitations et logements disposant d’un chauffage électrique peuvent y trouver un avantage plus marqué", précise Jean-Philippe Tridant Bel.

Selon l’ADEME, l'Agence de l'environnement, 70% des habitations disposent d'un contrat sans chauffage électrique, et ont une facture moyenne évaluée à environ 380 euros. "Dans cette situation les Smart Energy Boxes, avec des perspectives d’économie d’environ 10%, représenteraient une économie annuelle de 38 euros à 50 euros par an". Face à un investissement de 200 à 300 euros pour des boxes à vocation domotique, le calcul est facile à faire.

En revanche "pour les 30% de foyers équipés en convecteurs électriques, dont la facture moyenne excède les 1.000 euros, l’économie serait de plus de 100 euros par an et le retour sur investissement serait ramené à 2 ou 3 ans pour une box à vocation domotique, ce qui semble plus attractif dans ce cas". Des ajustements sont donc encore nécessaires. L'augmentation annoncée des tarifs d'électricité changera peut-être la donne.

Nathalie Croisé de BFM Business