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En 2019, la France n'a jamais été aussi attractive pour les investisseurs étrangers

Emmanuel Macron vante l'attractivité de la France

Emmanuel Macron vante l'attractivité de la France - Ludovic MARIN / POOL / AFP

Cette belle tendance ne devrait pas être brisée par la crise du coronavirus, assure le gouvernement.

L'attractivité de la France a continué à s'améliorer en 2019, avec un nombre record de décisions d'investissement et d'emplois créés par des entreprises étrangères, une tendance que l'épidémie due au coronavirus ne devrait pas remettre en cause, juge le gouvernement.

L'an dernier, le pays a enregistré "1.468 nouvelles décisions d'investissement étranger, soit une progression de 11 % par rapport à 2018 (1.323 décisions)", selon un bilan publié mardi par Business France, l'agence de promotion du site France à l'international.

Avec une méthode de comptage différente, qui notamment ne prend pas en compte les commerces et hôtels, le cabinet EY avait de son côté recensé 1.197 annonces d'investissement en 2019 dans son baromètre publié jeudi dernier, selon lequel la France est devenu l'an dernier le pays européen le plus attractif pour les investisseurs étrangers devant l'Allemagne et le Royaume-Uni.

"France is back"

Business France ajoute de son côté que le nombre d'emplois créés ou maintenus en France par les investissements des groupes étrangers a connu un bond de 30% en 2019, à 39.542 contre 30.302 en 2018.

"Ce n'est pas le fruit du hasard, mais une stratégie volontariste dont l'objectif était bien de devenir numéro un dans le courant du quinquennat", a déclaré à l'AFP le directeur général de Business France, Christophe Lecourtier.

Le président Emmanuel Macron a dès le début de son quinquennat joué les VRP, allant par exemple clamer "France is back" devant les grands patrons et banquiers réunis à Davos, en janvier 2018.

"Les Britanniques n'y sont plus"

Parmi les atouts français, une politique favorable aux entreprises avec les réformes de la fiscalité et du droit du travail menées depuis 2017, ainsi qu'une situation "au cœur de l'Europe", explique Christophe Lecourtier.

"Cela peut paraître un truisme mais les Britanniques n'y sont plus", note-t-il. La France a ainsi profité du Brexit en attirant 1.338 emplois dans le secteur financier l'an dernier, contre 298 en 2018. Paris a notamment accueilli début 2019 le siège de l'Autorité bancaire européenne avec 150 emplois.

Les activités de production représentent pour leur part 26% des projets et sont aux trois-quarts des extensions de sites déjà existants.

Les Etats-Unis, premiers investisseurs

Les projets dans le commerce et la distribution progressent quant à eux très fortement (+67%), principalement grâce à de nouveaux points de vente, et comptent désormais pour 13% du total des investissements étrangers.

Tous secteurs confondus, ces nouveaux projets irriguent largement le territoire avec 43% d'entre eux situés dans des agglomérations de moins de 200.000 habitants, rapporte encore Business France.

Les trois premiers pays d'origine de ces investissements sont les Etats-Unis (16% du total), l'Allemagne (15,5%) et le Royaume-Uni (12%).

Selon l'étude d'EY, 65% des projets annoncés l'an dernier seraient maintenus après la crise sanitaire, 25% reportés ou fortement révisés et 10% annulés.

Les perspectives sont favorables

"Même si en France, le confinement a été particulièrement strict, l'activité est repartie depuis le 11 mai et les perspectives sont favorables à des investissements importants", assure Matignon, qui se dit "pas particulièrement inquiet en terme d'attractivité comparée" à celle d'autres pays.

Le Premier ministre Edouard Philippe et plusieurs ministres doivent réunir mardi par visioconférence une dizaine de patrons étrangers ayant investi en France, dans un "format largement inspiré de +Choose France+", le sommet sur les investissements étrangers organisé en janvier, pour s'en assurer.

Parmi eux figurent les dirigeants de Fedex, d'Ericsson, Daimler, Solvay ou encore de JP Morgan.

La France veut rester attractive

"Le but est de s'assurer que les acquis de 2019 ne sont pas remis en cause et de tracer des perspectives pour la suite", selon Matignon. Le gouvernement entend notamment faire passer le message que "la France entend poursuivre une politique favorable à l'attractivité du territoire" en confirmant sa "trajectoire" de baisse de l'impôt sur les sociétés et des impôts sur le capital et en maintenant le crédit impôt-recherche notamment.

Et même si le durcissement du seuil de déclenchement du contrôle sur les investissements étrangers en France (IEF) dans les secteurs stratégiques de 25% à 10% jusqu'à la fin de l'année pour protéger les entreprises françaises en difficulté constitue un "point de vigilance" sur la future attractivité de la France, Matignon relativise: moins de 2% des 1.500 décisions d'investir en 2019 pouvaient être potentiellement soumise à une décision d'encadrement, "c'est un sujet très limité".

TL avec l'AFP