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Dominique Schelcher, PDG de Système U, "pas surpris" par l'offre de Couche-Tard à Carrefour

Invité de BFM Business ce samedi, le patron de Système U, Dominique Schelcher, a estimé que la tentative de Couche-Tard de racheter Carrefour démontrait que "la concentration" dans le secteur de la grande distribution "n'était pas terminée".

Un feuilleton déjà terminé? Quelques heures après l’annonce de l’offre de rachat de Carrefour formulée par Couche-Tard, le groupe de distribution québécois s'est heurté au véto du gouvernement français. Il n'empêche, "cette opération ou ce projet d’opération prouve que la concentration dans notre métier n'est pas terminée et qu’il y aura sans doute encore du mouvement", réagit ce samedi sur BFM Business Dominique Schelcher, PDG de Système U.

"Je ne suis pas surpris par le fait que cette discussion existe", ajoute-t-il. Et de poursuivre: "Pour un acteur international comme Carrefour, face aux puissances de l’e-commerce comme Amazon et Alibaba, oui il y a des questions qui se posent de capacités à faire, d’investissement… Que des acteurs de ce niveau-là se parlent pour trouver des voies de collaboration, ça ne me surprend pas du tout."

"Il y a toujours de l'espoir"

Pour justifier son opposition au rapprochement de Carrefour et Couche-Tard, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, a invoqué la défense de la "souveraineté alimentaire". Un argument discutable, mais qui n’étonne pas Dominique Schelcher:

"J’ai participé à toutes ces réunions de suivi de la chaîne alimentaire au cœur de la crise, au cœur du premier confinement l’année dernière. Et je peux vous dire que le gouvernement, et Bruno Le Maire lui-même, étaient très attachés au maintien de cette chaîne pour servir les Français, pour qu'il n’y ait pas de pénurie, pour que tout se passe bien. Avec ce souci qu’il avait, je ne suis pas surpris par cette sortie-là", dit-il.

Le patron de la coopérative estime néanmoins que le dossier n’est pas clos. "C’est peut-être son état d’esprit d’aujourd’hui, mais je pense que tant que les discussions ne sont pas complètement terminées, il y a toujours de l’espoir. Mais il faut sans doute qu’un certain nombre de conditions soient réunies, [conditions] qui ne sont pas forcément là aujourd’hui", conclut-il.

https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis Journaliste BFM Eco