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Défaillances: première alerte sur la situation des entreprises

Selon les derniers chiffres d'Altares, le nombre de défaillances d'entreprises est resté très bas au premier trimestre. Mais les 8 jugements sur 10 sont des liquidations directes, du jamais vu en 20 ans. 

Un point de bascule pour économie française? Une fois de plus, les chiffres du nombre de défaillances d'entreprises sont restés bas pour le premier trimestre 2021 mais des signaux alertent. "Avec 7406 procédures collectives ouvertes, soit une baisse de 32,1 % par rapport au 1er trimestre 2020, le niveau général des défaillances reste exceptionnellement bas" indique le cabinet Altares, qui publient sa nouvelle étude ce mercredi.

Ce n'est pas une surprise: les aides mises en place par le gouvernement et les prêts accordés aux entreprises ont mis l'ensemble de l'économie sous perfusion, le temps de la crise.  

Mais ces nouveaux chiffres marquent un tournant, attendu mais brutal, au cœur du mois de mars.

"Sur les deux premières semaines de mars, les défaillances d’entreprises sont en très fort recul (-48 %), mais sur les deux suivantes elles explosent de 155 % comparées à la même période de 2020 qui marquait le début du confinement, le gel des cessations de paiement, la fermeture des juridictions et donc la suspension temporaire des audiences" indique Thierry Millon, directeur des études Altares dans un communiqué.  

Et ce sont principalement les TPE de moins de 3 salariés qui sont concernées puisqu'elles représentent les trois quarts des procédures. Surtout, 80% d’entre elles sont placées directement en liquidation judiciaire, signe qu'aucune solution de survie n'a pu être trouvée. "Un taux jamais atteint depuis 20 ans" alerte Thierry Million.  

Pas d'arrêt butal, promet Le Maire

Pour ce premier trimestre, tous les secteurs affichent des taux de défaillance en baisse par rapport à l'année dernière mais les premiers signaux d'alerte sont donc bien là. L'arrêt progressif des aides sera bien l'enjeu des prochains mois, avec le risque de voir déferler cette fameuse vague de faillites redoutée. 

Ce mercredi sur BFMTV, le ministre de l'Economie a promis de faire "le maximum" pour les éviter, annonçant notamment un dispositif de concertation entre les entreprises et ses créanciers. De nouveaux délais voire des annulations de certaines dettes sont sur la table pour sauver les entreprises face à des murs de dettes.  

Cela n'empêchera pas la casse: Altares dénombre aujourd'hui 63.000 entreprises "zombies", des structures qui étaient déjà très fragiles avant la crise et qui auront bien du mal en s'en relever. Pour les autres, la fin des aides sera aussi une situation périlleuse. "C'est pour cela que nous travaillons sur une dégressivité des aides et pas sur un retrait brutal", a promis Bruno Le Maire. 

Thomas Leroy Journaliste BFM Business