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Pourquoi les débuts poussifs de Valérian n'inquiètent pas EuropaCorp

Luc Besson à Los Angeles pour la première mondiale de "Valérian"

Luc Besson à Los Angeles pour la première mondiale de "Valérian" - Joe Scarnici - Getty Images North America - AFP

EuropaCorp cède plus de 8% en Bourse ce lundi après le démarrage en demi-teinte outre-Atlantique de "Valérian et la Cité des mille planètes". Toutefois, l'échec du film, s'il se confirme, n'aurait qu'un impact financier limité sur les comptes de la société de production de Luc Besson. Explications.

En dépit d'un budget de 180 millions d'euros et d'un casting cinq étoiles (Rihanna, Cara Delevingne entre autres), le nouveau blockbuster de Luc Besson "Valérian et la Cité des mille planètes" connaît des débuts poussifs en Amérique du Nord. La dernière superproduction d'EuropaCorp n'a engrangé "que" 17 millions de dollars (14,5 millions d'euros environ) de recettes lors de son premier week-end en salles Outre-Atlantique. Résultat, le titre de la société de production de Luc Besson cédait plus de 8% ce lundi à la Bourse de Paris.

Un démarrage difficile qui s'explique en partie par la présence en face du film "Dunkerque" de Christopher Nolan, qui a terminé la semaine en tête du box-office américain avec un peu plus de 50 millions de dollars de recettes. Mais, malgré ce départ en demi-teinte, "il est encore trop tôt pour dire que Valérian est un flop mondial", assure Alexandre Koller, analyste chez Gilbert Dupont. En effet, le film ne sort que ce mercredi en France et dans le reste de l'Europe et "il devrait profiter d'une concurrence moins forte sur le Vieux Continent puisque 'Dunkerque' est déjà sorti dans l'Hexagone (le 19 juillet dernier)", explique Alexandre Koller.

Pas de franchise autour de Valérian?

Et même en cas d'échec, le film le plus cher de l'histoire du cinéma français ne plomberait que dans une certaine limite les comptes d'EuropaCorp puisque la société de Luc Besson a financé moins de 20% des coûts de production. Le reste du budget a été assumé par d'autres: Orange (qui a apporté 8 millions d'euros dont 4 millions comme co-producteur, et 4 millions pour diffuser le film sur sa chaîne OCS), BNP Paribas, le chinois Fundamental (qui a apporté 50 millions de dollars) ou encore le qatari Gulf Film.

"La participation financière du groupe dans 'Valérian et la Cité des mille planètes' ne représente finalement que 30 à 40 millions d'euros, ce qui limite les risques de pertes", souligne Alexandre Koller. Rien de dramatique donc pour la société qui a néanmoins déjà perdu 120 millions d'euros lors de l'exercice 2016-2017.

En revanche, selon l'analyste, le principal problème que poserait l'échec éventuel de Valérian résiderait dans l'impossibilité "de développer une franchise cinéma" d'un ou plusieurs épisodes autour du film adapté de la BD de science-fiction de Pierre Christin et Jean-Claude Mézières. Ce qui compliquerait également la production de films à très gros budgets, qui "seront désormais plus difficiles à aller chercher", poursuit-il. Mais "le risque, s'il existe, est pour ma réputation", estimait néanmoins Luc Besson dans une interview au Journal du Dimanche.