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Pour faire tomber Arnaud Lagardère, Amber tente de lui couper les vivres

En guerre contre son gérant, le fonds activiste réclame l'annulation du dividende du groupe Lagardère, ce qui le priverait de 25 millions d'euros. Mais cela mettrait aussi Arnaud Lagardère dans une situation financière critique.

Le fonds Amber veut frapper Arnaud Lagardère au portefeuille. Le premier actionnaire du groupe (16,42% du capital) vise un objectif étonnant pour un fonds d’investissement : que Lagardère renonce au dividende qu’il prévoit de verser à ses actionnaires en mai prochain.

Amber pourrait pourtant en récupérer 25 millions d’euros. Mais en coupant ce dividende, il prive aussi Arnaud Lagardère de plus de 12 millions d’euros. Une somme qui lui est indispensable, chaque année, pour faire face à ses dettes qui s’élèvent, selon lui, à 164 millions d’euros.

Vers une faillite? 

Amber espère ainsi couper les vivres d’Arnaud Lagardère et le mettre en situation de faillite. Une tactique opportune en pleine crise économique alors que le gouvernement veut que les entreprises renoncent à leurs dividendes.

Arnaud Lagardère aura du mal à justifier leur maintien alors même que sa situation financière est critique. Son patrimoine, logé dans sa participation de 7,3% de son groupe ne vaut plus que 107 millions. Un niveau bien loin de couvrir le montant de sa dette personnelle.

Une politique qui "ne sert qu'un actionnaire"

"Il n'y a rien de personnel contre Arnaud Lagardère", assurait pourtant, vendredi sur BFM Business, Joseph Oughourlian, fondateur d'Amber Capital. "Ce qu'on reproche au groupe et à sa gestion depuis maintenant 17 ans, c'est la très mauvaise gestion de la politique d'investissements et de désinvestissements. On a vendu presque 10 milliards d'actifs depuis plus d'une dizaine d'années, ça été une sorte de liquidation désordonnée du groupe pendant très longtemps".

"C'est toute une politique de sous-investissement chronique qu'on remet en cause (...) et cette politique de sous-investissement et de dividendes exceptionnels, en fait elle ne sert qu'un actionnaire, elle ne sert pas les actionnaires", poursuit-il. Et de viser encore une fois "Arnaud Lagardère qui est trop endetté à un niveau personnel", assène Joseph Oughourlian.