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Netflix courtise les fournisseurs d'accès français

Les discussions avec les FAI français butent sur de multiples problèmes

Les discussions avec les FAI français butent sur de multiples problèmes - -

Le Californien mène actuellement des discussions préliminaires avec les fournisseurs d'accès pour offrir sur leurs box son service de vidéo à la demande .

On en apprend chaque jour un peu plus sur les projets de Netflix pour le marché français. Ainsi, le Californien, lors de ses récentes visites à Paris, ne s'est pas contenté de rencontrer des responsables gouvernementaux. Il a aussi fait la tournée des fournisseurs d'accès à internet français.

La start up leur a expliqué qu'elle voulait proposer son service de vidéo-à-la-demande (VoD) dans l'Hexagone via leurs box, ce qui permettra d'accéder au service sur un téléviseur raccordé à leur boitier.

Un nouveau modèle pour Netflix

Pour Netflix, il s'agit d'un nouveau modèle. En effet, jusqu'à présent, le service est accessible uniquement sur PC, voire sur les téléviseurs, les consoles, et les smartphones connectés à Internet. On dit que Netflix est un service over-the-top (OTT), c'est-à-dire proposé par dessus une connexion internet. Ce modèle OTT fonctionne quelle que soit la connexion internet, et ne nécessite donc pas d'accord avec le fournisseur d'accès.

Jusqu'à présent, Netflix n'a passé qu'un seul accord pour offrir son service via une box: c'était à l'automne dernier avec le câblo-opérateur britannique Virgin Media.

Si Netflix veut faire de même en France, c'est qu'il a pris conscience que les box y sont largement utilisées pour regarder la TV, contrairement aux autres pays. Et c'est via ces box que les Français consomment de la vidéo-à-la-demande. Selon les chiffres de GfK et du CNC, les box représentent 69% en valeur du marché de la VoD, et 77% en volume.

Se mettre à dos la culture française

Jusqu'à présent, les discussions avec les fournisseurs d'accès restent embryonnaires. "Je ne sais pas si cela ira bien loin", dit l'un d'eux.

Car les problèmes sont multiples. D'abord, Netflix ne propose pas de commissions très généreuses: "un peu d'argent au début, et encore moins ensuite".

Ensuite, "Netflix ne nous dit pas clairement s'il proposera ses programmes depuis la France ou le Luxembourg", ajoute un autre fournisseur d'accès.

Or ces derniers sont réticents à s'engager avec le californien s'il propose son service depuis le Luxembourg. D'une part, pour ne pas se mettre à dos toute la culture française. D'autre part, parce que leur actionnaire les en empêcherait: Orange reste en partie public, SFR a le même propriétaire que Canal Plus, et Bouygues Telecom le même actionnaire que TF1. Reste Free, qui joue souvent les francs-tireurs, mais qui reste très lié à Canal Plus, le concurrent frontal de Netflix...

Interrogé, Netflix a répondu: "il est prématuré à ce stade de discuter de nos projets en France". De son côté, Bouygues Telecom confirme avoir rencontré Netflix à la demande du californien. Orange et SFR se sont refusés à tout commentaire, tandis que Free n'a pas répondu.

Jamal Henni