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Mode: "Il n’y a pas d’opposition entre profits et développement durable" selon François-Henri Pinault

François-Henri Pinault, PDG de Kering

François-Henri Pinault, PDG de Kering - AFP Eric Piermont

Une trentaine d’entreprises du secteur de la mode et du luxe se sont engagées à réduire leur impact environnemental dans une charte dévoilée lors du sommet du G7.

La mode s’engage pour le climat. Une trentaine de grands groupes du textile ont dévoilé un "pacte de la mode" en marge du sommet du G7 de Biarritz. Dans le viseur : réduire, de manière volontaire, leur impact environnemental. La tâche est colossale : la mode serait responsable de 20% des rejets d'eaux usées et de 10% des émissions de CO2 dans le monde, sans parler de l'utilisation des pesticides pour produire le coton et des produits pour teindre les textiles.

Cette coalition "regroupe tous les segments du marché. C’est la première fois qu’on y arrive", observe au micro de BFM Business François-Henri Pinault. Le patron du géant Kering avait été chargé en mai par l’Elysée de mobiliser l’industrie de la mode et du luxe, qui pèse 1.500 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel. Adidas, Versace, Chanel, Prada, mais aussi H&M, Gap, Zara, Nike ou encore Puma figurent sur la liste des signataires de la charte – qui n’a aucun caractère contraignant. Les signataires s'engagent à "atteindre zéro émission nette de CO2 en 2050".

"Il n’y a pas d’opposition entre profits et développement durable. Certains pays se sont retirés des accords de Paris sur cette conviction, que je ne partage pas, que le développement durable pourrait jouer contre les emplois dans certains pays. Je pense qu'on est complètement à côté de la plaque quand on pense comme ça. [Le développement durable] est complémentaire et parfaitement en adéquation avec le nécessaire profit pour la survie des entreprises", souligne François-Henri Pinault, qui précise que "chacune des entreprises proposera une stratégie et un plan d’action qui lui est propre".

20% de la pollution des océans

Outre la lutte contre changement climatique et la perte de la biodiversité, l’industrie évoque également la protection des océans. "L’industrie textile au sens large est responsable de 20% de la pollution des océans. On s’engage à supprimer [les plastiques à usage unique] à horizon 2030, au plus tard, et à travailler sur les microfibres [émises lors du lavage des fibres synthétiques]", précise François-Henri Pinault. L’un des rares objectifs chiffrés du "pacte de la mode", avec celui d’atteindre "100% d'énergies renouvelables d'ici 2030 sur toute la chaîne d'approvisionnement".

J. B. avec AFP