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Le tourisme en berne à cause des Français

La plage d'Etretat, en Normandie.

La plage d'Etretat, en Normandie. - -

Le mois d'août 2013, attendu meilleur que le terne mois de juillet, ne compensera pas les pertes enregistrées au début de l'été. La raison ? Les Français restent en famille ou consomment moins.

Le mois d'août 2013 s'annonce "plutôt bon" sur le plan du tourisme, assurait la ministre délégué à l'artisanat Sylvia Pinel lundi 5 août, en espérant qu'il compenserait la morosité du mois de juillet. La fréquentation des hôtels et des campings a baissé de 10% ce dernier mois. Un recul qui peut atteindre 30% dans les établissements situés loin du littoral. Globalement, les Français ne sont plus que 62%, contre 70% en 2012, à envisager de partir en vacances.

Le tourisme dans l'ouest du pays et le tourisme rural souffrent tout particulièrement, relevait Sylvia Pinel. Une information confirmée par Brigitte Bloch, directrice du comité régional de tourisme Aquitaine. "Les périodes de crise renforcent les valeurs sûres, les destinations très touristiques sur le littoral, mais la fréquentation a baissé dans l'arrière-pays", constate-t-elle au micro de BFMBusiness. .

La moitié des Français réduisent leur budget

Elle note par ailleurs une certaine désaffection des Espagnols alors que "les Européens sont nos principaux clients étrangers". En cause: la crise, bien sûr. Mais pas seulement.

Pour Jean-Pierre Nadir, président d'Easy-voyage, la France exploite mal son potentiel touristique pourtant bien réel, et subit la concurrence de ses voisins. "L'Espagne est 14% moins cher au niveau de l'hôtellerie, les restaurants y sont moins onéreux. Et l'ensoleillement y est garanti", souligne le patron du comparateur de voyages.

Quatre à cinq Français sur dix voulaient réduire leur budget vacances, selon une étude du cabinet Protourisme. Pour son directeur, Didier Arino, le changement de mode de consommation est flagrant. Le revenu par chambre disponible, indicateur-clé pour l'hôtellerie, a reculé de 4,4%.

La crise a tardé à avoir des répercussions

En fait, "la clientèle du secteur marchand (hôtel, résidences de tourisme, villages de vacances...) s'est reportée vers le non-marchand : l'hébergement gratuit chez les parents, les amis, dans la résidence secondaire", avance le spécialiste.

L'Hexagone devrait tout de même rester le pays le plus visité au monde, comme en 2012 avec ses 86 millions de touristes. Pour autant, les grands hôtels peinent à se remplir, selon Hervé Bécam, le président de l'Union des métiers et des industries hôtelière (Umith). La fréquentation nationale recule tandis que celle des étrangers stagne. "La crise de 2008 a tardé à avoir de vraies répercussions sur nos professions, indique le patron de l'Umih, mais elles arrivent aujourd'hui".

Nina Godart et BFM Business