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Le secteur du jouet garde la tête hors de l'eau malgré la crise

Une mère et son enfant dans un magasin de jouets (photo d'illustration)

Une mère et son enfant dans un magasin de jouets (photo d'illustration) - Philippe Huguen-AFP

Selon le patron de King Jouet, qui vient de racheter son concurrent Maxi Toys, le marché du jouet n'affichait, fin juillet, qu'une baisse de 2% en cumul annuel. Mais concurrencées par le e-commerce, les enseignes restent prudentes pour la période des fêtes.

La consolidation du marché du jouet se poursuit. Après le rachat de Toys'R'Us France par Picwic, l'année dernière, c'est Maxi Toys qui vient de se faire avaler par le concurrent King Jouet. En l'occurrence, la famille Gueydon, actionnaire historique de King Jouet va reprendre 117 magasins (dont 95 en France) et 826 emplois. "Lorsque nous avons appris leurs difficultés il y a trois mois et regardé leur dossier, nous avons constaté qu'il s'agissait en fait d'une entreprise avec des bases saines" explique Philippe Gueydon au Parisien.

Le nouveau propriétaire va ainsi engager 50 millions d'euros "dont 20 millions d'euros immédiatement en financements de stocks et encore 20 millions sur les quatre prochaines années pour moderniser le réseau."

"Il faut être réalistes, il y a trop de magasins"

En revanche, pas question de fusionner les deux marques, malgré la concurrence féroce entre les enseignes. "Même si quelques synergies sont possibles, chacune aura sa stratégie" souligne Philippe Gueydon. "L'offre produits est différente, le positionnement prix aussi."

Ce nouveau mouvement dans le secteur du jouet est pourtant la preuve d'un besoin de consolidation du marché. "Si on se projette dans trois ou quatre ans, vous verrez qu'il y aura moins d'enseignes" reconnaît le patron de King Jouet. "Il faut être réalistes, il y a trop de magasins en France alors que le chiffre d'affaires du e-commerce ne cesse de croire." Les ventes en ligne représentent ainsi 20% ventes de jouets en France et de nombreux acteurs non-spécialisés, comme Amazon, ont pris de l'avance. Toys'R'Us en a fait les frais en pactisant, dans les années 2000 avec le géant du e-commerce plutôt que de développer sa propre plateforme.

Des fêtes moroses?

Pourtant, le secteur ne s'en sort pas si mal puisqu'il n'a connu qu'une baisse de 2% de son chiffre d'affaires en cumul annuel, fin juillet. "Citez-moi des secteurs qui, deux mois après le confinement, ont presque réussi à rattraper le chiffre d'affaires de l'année dernière?" se félicite Philippe Gueydon.

Reste que les enseignes ne s'attendent pas à une bonne période des fêtes. "Chez King Jouet, dans nos prévisions, nous avons misé sur un dernier trimestre à -4 %, ce qui serait une fin d'année plutôt correcte au regard du contexte" conclut Philippe Gueydon.

Thomas Leroy