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Le prix Nobel devrait doper les ventes de Patrick Modiano

Le dernier ouvrage de Patrick Modiano, "Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier", à la foire au livre de Francfort.

Le dernier ouvrage de Patrick Modiano, "Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier", à la foire au livre de Francfort. - Daniel Roland - AFP

L'écrivain a obtenu ce jeudi 9 octobre le prix Nobel de littérature. Une distinction qui devrait avoir un impact à long terme sur les ventes de ses ouvrages, en France comme à l'étranger.

Patrick Modiano rentre dans le gotha mondial de la littérature. L'écrivain français a ainsi obtenu ce jeudi 9 octobre le prix Nobel de littérature. Les ventes du romancier vont-elles en bénéficier? Fort probablement.

La précédente lauréate, la Canadienne Alice Munro avait, l'an dernier, vu les ventes de ses livres passer, sur une semaine, de 3.000 à 32.600 unités, aux Etats-Unis.

"Un prix quel qu'il soit dope toujours les ventes, et le prix Nobel est le plus important d'entre eux", fait remarquer Guillaume Husson, délégué général du syndicat de la librairie française.

"Un impact significatif"

"Dans le cas de Patrick Modiano, qui est un auteur très connu, l'impact va être significatif", considère-t-il. S'il ne donne pas de chiffre, Guillaume Husson explique que beaucoup les libraires avec qui il a dialogué ont "déjà repris les commandes". Des tables, des mises en vitrines vont être mises en place pour promouvoir le prix Nobel français, et les professionnels vont chercher à compléter leur catalogue.

Et clairement les ventes devraient suivre. Le précédent français, Jean-Marie Gustave Le Clézio, qui avait reçu le Nobel en octobre 2008, avait écoulé 720.000 livres tout format et tout titres confondus dans les trois mois qui ont suivi (entre octobre et décembre). Un chiffre "important", indique-t-on chez Gallimard, l'éditeur de J.M.G. Le Clézio et de Patrick Modiano.

Un effet de long terme

Pour autant, un prix Nobel dope-t-il plus les ventes qu'un Goncourt ou un Renaudot? "Le prix Nobel récompense l'ensemble de l'œuvre de l'écrivain, alors qu'un Goncourt va à un livre unique", observe Guillaume Husson.

Ce dernier pense ainsi "qu'un Goncourt a un effet de court terme, alors que le Nobel s'inscrit sur un temps plus long". Pour appuyer son propos, Guillaume Husson donne l'exemple de l'auteur portugais José Saramago. Son prix Nobel, décroché en 1998, "joue toujours", considère-t-il.

En outre, l'aspect international compte, le Nobel étant une récompense qui a une résonance mondiale. D'autant plus dans le cas de Patrick Modiano, qui est traduit dans plusieurs langues. "Les distributeurs étrangers vont mettre en avant ses livres, il y a un effet mondial", conclut ainsi Guillaume Husson.

Julien Marion