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Le Goncourt va-t-il suffire à doper le marché de l'édition?

Le jury du Goncourt a choisi Jérôme Ferrari

Le jury du Goncourt a choisi Jérôme Ferrari - -

Le Goncourt vient d'être remis à Jérôme Ferrari. Habituellement, ce prix ainsi que les autres de la rentrée littéraire font bondir les ventes de livres. Mais est-ce suffisant pour maintenir durablement à flot le secteur de l'édition ?

Emoi dans le secteur du livre. Jérôme Ferrari a été couronné, ce mercredi 7 novembre, par lejury du prix Goncourt pour son roman "Le Sermon sur la chute de Rome" (Actes Sud).

Comme chaque année, de fin octobre à mi-novembre, les éditeurs français ont les yeux fixés sur la remise des cinq prix les plus prestigieux : Académie française, Goncourt, Renaudot, Femina et Interallié.

Mais un prix littéraire fait-il vraiment vendre plus de livres ? Déjà, il faut savoir que "le phénomène de la rentrée littéraire pèse relativement lourd dans l’économie du livre. Notre étude entre la mi-août et la mi-octobre 2012 révèle que 1,3 million d’exemplaires se sont écoulés, générant un chiffre d’affaires de 24 millions d’euros", analyse Sébastien Rouault, Chef de Groupe Livre chez GfK Retail and Technology France.

Goncourt multiplie les ventes par 9

En plus de la rentrée littéraire, les prix ont également un impact sur les ventes, selon la même étude Gfk. Ainsi, le prix Médicis permet de doubler les ventes d’une semaine sur l’autre. Pour les prix Fémina et Renaudot, les ventes sont multipliées, respectivement, par 6 et 7 d’une semaine à l’autre. Et un livre primé par le Goncourt se vend 9 fois plus.

"Le calcul des ventes moyennes, même théorique, donne sans surprise le leadership au Goncourt avec, sur les six dernières années, 310 000 volumes moyen vendus pour les titres ayant obtenus ce prix", affirme Sébastien Rouault.

Recul de 4% du marché du livre d'ici 2015

Deux effets amplificateurs dont le marché a bien besoin. Car si les chiffres du ministère de la Culture montrent une relative stabilité du secteur du livre en 2011, les perspectives ne sont pas bonnes. En effet, les achats de livres des ménages ont été stables ou en très léger recul l'an dernier (de -1% à +0,6 %).

L’offre de nouveautés (64 300 titres, +2 %) et de livres disponibles (622 000 titres, +4 %) a continué à progresser, de même que le nombre de références achetées au moins une fois dans l’année (+2 %). La proportion d’acheteurs est également restée stable, autour de 52 % de la population de 15 ans et plus.

Mais d’après l’Insee, la France subit une baisse conjoncturelle, la part du budget consacrée au livre et à la presse a diminué d’un tiers depuis 1970.

Et selon une projection réalisée par l’Idate (Institut de l'audiovisuel et des télécommunications en Europe), le marché du livre devrait subir en France un recul de 4% d’ici 2015. La raison principale qui explique ce recul : le déclin du livre papier, qui ne serait pas compensé, en valeur, par la progression du livre numérique.

"Il n'y a aucune raison que le marché du livre s'effondre"

Néanmoins, dans une interview aux Echos le 8 octobre, Arnaud Nourry, PDG d’Hachette Livre, explique que "il n'y a aucune raison que le marché du livre s'effondre. Les gens lisent toujours autant, les livres sont toujours aussi beaux, il y a toujours autant de nouveautés".

Une résistance qui passera peut-être par une consolidation du secteur. Le rachat de Flammarion par Gallimard, annoncé fin août, reconfigure ce secteur. Le groupe devient ainsi le numéro 3 de l’édition, derrière Hachette Livre et Editis. Ce trio de tête, loin devant les autres concurrents, érige une barrière face aux nouveaux entrants, Amazon, Google ou Apple.

Diane Lacaze